© INTERNEAccusée de polluer l'environnement avec ses rejets de CO2, la voiture peut se recycler. C'est en tout cas le message du Conseil national des professions de l'automobile (CNPA) qui a présenté mercredi les premiers chiffres concernant la collecte et la valorisation des déchets du secteur en 2005. Une première en matière d'environnement, qui a été rendue possible par la mise en place d'un Observatoire national des déchets de l'automobile (Onda, lire l'encadré ci-dessous).
Pas moins de 520.000 batteries usagées ont ainsi été collectées l'an dernier, avec un taux de valorisation de plus de 75% : le plomb est fondu, affiné et entre dans la composition de nouvelles batteries tandis que le plastique est extrudé pour entrer dans la composition de nouvelles pièces automobiles. De même, 5,4 millions de filtres à huile usagés ont été récupérés et recyclés en ferraille, huile ou éléments filtrants valorisés.
Plus de 1,5 million de litres de liquide de refroidissement et un millier de tonnes de chiffons, papiers ou cartons imprégnés d'hydrocarbures, diluants, solvants ou autres substances dangereuses, ont été collectés et en partie régénérés. 5.100 tonnes de ferraille, 190.000 pare-brise, 228.500 pare-chocs, 235.000 tonnes de vieux pneus, et 116 millions de litres d'huile usagés, ont également été ramassés dans les garages.
Opérateurs insuffisants
Afin d'améliorer le traitement des déchets de l'automobile, une nouvelle réglementation impose désormais aux propriétaires de véhicules hors d'usage de les remettre à un opérateur agréé (par la préfecture) pour leur démolition, sous peine de ne pouvoir faire annuler l'immatriculation. Mais le nombre de ces opérateurs (156 actuellement) "est très insuffisant pour traiter la quantité d'épaves" automobiles — environ 1,3 million chaque année, a estimé Francis Davoust, vice-président du CNPA.
"Cela pose un problème pour le traitement des épaves au fur et à mesure qu'elles arrivent mais également pour toutes les autres épaves" non signalées, a-t-il ajouté, précisant qu'il y avait en France quelque 50 millions de cartes grises pour un parc automobile de 35 millions d'unités. Ces épaves devront être systématiquement dépolluées avant d'être éliminées, selon le ministère de l'Ecologie, ce qui suppose d'en extraire tous les matériaux potentiellement contaminants pour l'environnement et de mieux réutiliser, recycler ou revaloriser ce qui peut l'être.
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photo : archives
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