Quand la voiture se recycle

le 07 juin 2006 à 16h09 , mis à jour le 07 juin 2006 à 16h21

235.000 pneus usagers, 520.000 batteries, 5,4 millions de filtres à huile et bien d'autres éléments d'automobiles ont été recyclés en 2005, selon les professionnels du secteur. reste que la dépollution des épaves, désormais obligatoire, pose problème.

voitures floues photo prétexte © INTERNE

Accusée de polluer l'environnement avec ses rejets de CO2, la voiture peut se recycler. C'est en tout cas le message du Conseil national des professions de l'automobile (CNPA) qui a présenté mercredi les premiers chiffres concernant la collecte et la valorisation des déchets du secteur en 2005. Une première en matière d'environnement, qui a été rendue possible par la mise en place d'un Observatoire national des déchets de l'automobile (Onda, lire l'encadré ci-dessous).

Pas moins de 520.000 batteries usagées ont ainsi été collectées l'an dernier, avec un taux de valorisation de plus de 75% : le plomb est fondu, affiné et entre dans la composition de nouvelles batteries tandis que le plastique est extrudé pour entrer dans la composition de nouvelles pièces automobiles. De même, 5,4 millions de filtres à huile usagés ont été récupérés et recyclés en ferraille, huile ou éléments filtrants valorisés.

Plus de 1,5 million de litres de liquide de refroidissement et un millier de tonnes de chiffons, papiers ou cartons imprégnés d'hydrocarbures, diluants, solvants ou autres substances dangereuses, ont été collectés et en partie régénérés. 5.100 tonnes de ferraille, 190.000 pare-brise, 228.500 pare-chocs, 235.000 tonnes de vieux pneus, et 116 millions de litres d'huile usagés, ont également été ramassés dans les garages.

Opérateurs insuffisants

Afin d'améliorer le traitement des déchets de l'automobile, une nouvelle réglementation impose désormais aux propriétaires de véhicules hors d'usage de les remettre à un opérateur agréé (par la préfecture) pour leur démolition, sous peine de ne pouvoir faire annuler l'immatriculation. Mais le nombre de ces opérateurs (156 actuellement) "est très insuffisant pour traiter la quantité d'épaves" automobiles — environ 1,3 million chaque année, a estimé Francis Davoust, vice-président du CNPA.

"Cela pose un problème pour le traitement des épaves au fur et à mesure qu'elles arrivent mais également pour toutes les autres épaves" non signalées, a-t-il ajouté, précisant qu'il y avait en France quelque 50 millions de cartes grises pour un parc automobile de 35 millions d'unités. Ces épaves devront être systématiquement dépolluées avant d'être éliminées, selon le ministère de l'Ecologie, ce qui suppose d'en extraire tous les matériaux potentiellement contaminants pour l'environnement et de mieux réutiliser, recycler ou revaloriser ce qui peut l'être.

Suivi incomplet

L'Onda, qui a recensé 11.526 réparateurs automobiles, a compilé plus de 200.000 données pour 2005, communiquées par 38 prestataires de collecte, permettant un suivi de 27 filières de déchets de l'automobile. Le suivi n'est donc pas complètement exhaustif. En outre, certains déchets sont collectés avec les ordures ménagères et d'autres sont pris en charge directement par des déchetteries locales.

photo : archives

le 07 juin 2006 à 16:09
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1 Commentaires

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  • Alain Kadlec, le 08/06/2006 à 17h39

    Au Québec nous payons une taxe de lors de l'achat d'un pneu neuf pour justement financer le recyclage. Les vielles batteries sont retournées aux marchands qui nous remettent un crédit de sur l'achat d'une nouvelle. D'autres idées ailleurs?

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