Sieste et café contre la somnolence au volant

Par Par M. D., le 08 juin 2006 à 07h00 , mis à jour le 10 novembre 2006 à 16h13

Rien de tel qu'une bonne sieste ou du café fortement dosé pour conduire sereinement de nuit. C'est ce qui ressort d'une étude du CNRS sur la somnolence au volant.

Voitures bloquées neige verglas autoroute nuit © INTERNE

Voici une étude qui tombe à point pour les conducteurs qui prévoient de prendre la route après une journée de travail. Une petite sieste et un café devraient leur éviter de piquer du nez pendant leur trajet nocturne, selon une étude française publiée dans la revue Annals of internal medicine.

Des chercheurs du CNRS (1) se sont en effet intéressés à la somnolence au volant. Pas celle provoquée par une maladie ou la prise de médicament mais, expliquent-ils, la somnolence qui "survient le plus souvent après une conduite nocturne suivant une longue journée de travail, un manque de sommeil lié à un travail nocturne ou un départ au petit matin pour éviter les bouchons ou pour arriver tôt au travail".

Franchissements intempestifs

Douze jeunes conducteurs, âgés de 18 à 25 ans, ont ainsi effectué "quatre épisodes de conduite", sous contrôle scientifique. Un trajet entre 17h et 18h30 a servi de référence avant trois parcours effectués à chaque fois, entre 2h et 3h30 du matin. Les volontaires ont conduit de nuit une première fois après avoir bu du café décaféiné ; une autre fois, après avoir avalé un bol de café instantané et une dernière fois, après avoir fait une sieste de 30 minutes dans la voiture garée sur une aire de repos.

Résultats : les conducteurs ayant bu du déca ont fait jusqu'à 17 franchissements intempestifs de ligne en 90 minutes au volant. Après avoir bu du café, plus de 7 conducteurs sur 10 ont fait zéro ou un seul franchissement de ligne : ils sont 66% à en avoir fait autant après une sieste. Leur façon de conduire a donc été identique de jour comme de nuit.

Prochaine étape des chercheurs : étendre cette expérience "à d'autres tranches d'âge et à d'autres sujets somnolents (malades, patients sous l'effet de médicaments agissant sur le cerveau", indique le CNRS.

La somnolence en chiffres

  • "20% des accidents sont dus à l'endormissement au volant. Les jeunes en période nocturne sont particulièrement touchés.
  • Conduire en étant somnolent multiplie par 8 le risque d'avoir un accident corporel.
  • Conduire entre 2h et 5h du matin multiplie par 6 les risques d'avoir un accident corporel.
  • Un automobiliste qui prend la route en ayant dormi cinq heures ou moins la veille de son départ a 3 fois plus de risques d'avoir un accident qu'un conducteur reposé.
  • Prendre la route avec un manque de sommeil, ou rester volontairement éveillé longtemps afin de parcourir plus de kilomètres, provoquent les mêmes effets négatifs sur les capacités du conducteur que la présence d'alcool dans le sang : 17 heures de veille active équivalent à 0,5g d'alcool par litre de sang."

Source : CNRS d'après les études du Dr Jennie Connor (British Medical Journal 2002), du Dr Pierre Philip, (Sleep 1999, British Medical Journal 2001) et du Dr Dawson (Nature 1997).

(1) Laboratoire de physiologie et physiopathologie de la signalisation cellulaire (CNRS, Universités Bordeaux 1 et 2)

photo : archives LCI
Par Par M. D. le 08 juin 2006 à 07:00
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