© INTERNEUn militant de Greenpeace a survolé jeudi matin en ULM la centrale nucléaire de Flamanville, dans la Manche, afin de démontrer la vulnérabilité du site. "Le pilote a survolé le site et s'est approché à moins de 100 mètres du réacteur", a indiqué Yannick Rousselet, chargé des questions nucléaires à Greenpeace France, en ajoutant qu'il était "maintenant parti loin". Le survol a eu lieu "en limite extérieure de la clôture du site, donc le pilote n'a pas survolé le site lui-même", a affirmé au contraire un porte-parole d'EDF. Il a précisé que les vols étaient interdits dans un périmètre de 5 Km autour du site.
Dans un premier temps, des témoins avaient indiqué que le pilote de l'ULM s'était posé à l'intérieur de l'enceinte de la centrale à la suite d'un problème technique et qu'il avait été interpellé par les forces de l'ordre. EDF a démenti cette information, tandis que Greenpeace n'était pas en mesure de la confirmer, en attendant de visionner une vidéo réalisée par le pilote de l'engin.
Vulnérabilité
"Cette action vise à démontrer que l'espace aérien est très peu protégé et que la centrale est très vulnérable", a expliqué à la presse Yannick Rousselet. "Contrairement à ce qu'affirment les autorités, personne n'a le temps de réagir si quelqu'un veut attaquer la centrale par les airs", a-t-il ajouté.
"Ce survol parfaitement illégal ne préjuge en rien des mesures de sécurité actives et passives qui auraient été prises dans le cas de menaces réelles", a souligné le porte-parole d'EDF, en indiquant que les pouvoirs publics et EDF avaient été prévenus de ce survol peu avant qu'il ait lieu. Le militant de Greenpeace était censé déployer une banderole au dessus du réacteur nucléaire, mais il n'y est pas parvenu, selon l'association écologiste.
EDF a choisi la centrale de Flamanville pour y installer à l'horizon 2012 le premier réacteur de troisième génération EPR en France. Un militant du réseau Sortir du nucléaire a récemment été mis en examen pendant 14 heures pour avoir révélé des informations classées "confidentiel défense" sur la vulnérabilité du site en cas d'attaque terroriste aérienne. En réaction, plusieurs organisations écologistes, dont Greenpeace et les Verts, ont mis en ligne le document sur Internet.
Nucléaire : sécurité et déchets au Parlement |
- Le projet de loi sur la transparence et la sécurité en matière nucléaire a été définitivement adopté par le Parlement jeudi, après un ultime vote du Sénat, conforme à celui de l'Assemblée nationale. Le projet de loi vise à combler un vide juridique concernant les activités utilisant des matériaux fissiles, la seule base législative du contrôle des installations nucléaires remontant à la loi de 1961 relative à la lutte contre la pollution atmosphérique et les odeurs. Il crée une Haute autorité de la sûreté nucléaire et pose, selon la ministre de l'Ecologie Nelly Olin, "quatre grands principes" : principe de prévention, principe de précaution, principe pollueur-payeur, principe d'information du public.
- Le Sénat a également adopté en première lecture dans la nuit de mercredi à jeudi le projet de loi sur la gestion des déchets nucléaires. Couvrant les usages énergétiques, médicaux et militaires de la filière nucléaire, ce texte définit trois axes de recherche complémentaires pour la gestion de ces déchets : la "séparation-transmutation" (transformation des éléments radioactifs pour diminuer leur durée d'activité), l'entreposage de longue durée en surface, et l'enfouissement en couche géologique profonde, à l'horizon 2025.
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