© TF1Il tire de nouveau la sonnette d'alarme. Face aux fortes températures, Patrick Pelloux, le président de l'Association des médecins urgentistes hospitaliers de France (Amuhf) qui avait, le premier, alerté à propos de la crise sanitaire à l'origine des 15.000 morts de la canicule de l'été 2003, a déclaré dimanche être "très inquiet pour les prochains jours". "J'espère que le climat va s'améliorer, parce que nous ne pourrons pas faire face : beaucoup de malades vont devoir attendre sur des brancards, des lits d'hospitalisation", a-t-il averti.
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Depuis sa maison de retraite, la vieille dame a envoyé un mail aux médias pour se plaindre de l'absence de climatisation dans l'établissement et ce par une température de 37°C. "N'avons-nous pas tiré les leçons de la canicule de 2003 ?", se demande-t-elle.
Publié le 06/07/2010
L'urgentiste, qui devait être reçu lundi matin par le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, veut même réclamer "une loi" qui astreindrait les responsables hospitaliers à limiter les fermetures de lits, en particulier l'été. "On va lui proposer, ce qu'on propose depuis plusieurs années : que le législateur se penche sur cette problèmatique de fermetures de lits l'été et qu'il y ait une loi qui contraigne un certain nombre de responsables hospitaliers à ne pas aller jusqu'à 40% de fermetures de lits". Certes, "le ministre travaille" a reconnu lundi sur France 2 Patrick Pelloux, critiquant au passage l'absence de l'ancien ministre de la Santé, Jean-François Mattei, en poste au moment de la canicule 2003, mais "il ne peut pas faire de miracles", d'où la nécessité d'une loi, a poursuivi le président de l'Amhuf.
"La plus grande vigilance"
L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a de son côté indiqué que l'activité des hôpitaux d'Ile-de-France était "légèrement supérieure" à la moyenne ces dernières 24 heures. Toutefois, "la persistance des fortes chaleurs justifie la plus grande vigilance dans le suivi de l'activité et des lits disponibles", a-t-elle dit.
Dimanche soir, le ministre de la Santé Xavier Bertrand, en visite au centre d'appels du Samu de Paris, a appelé "l'ensemble des professionnels" à "se mobiliser, y compris les libéraux". "Nous ne devons pas laisser les urgentistes seuls en première ligne", face à la vague de chaleur qui s'étend sur le territoire, a-t-il dit.
22 morts
Pierre Carli, chef de service du Samu à Paris a précisé que l'activité aux urgences d'Ile-de-France s'est accrue de "façon modérée" ces derniers jours, avec "quelque 200 hospitalisations" quotidiennes, contre "600 à 700 aux plus mauvais jours de la canicule de 2003". Si des "déséquilibres temporaires" ont pu être constatés, une "montée en puissance du dispositif" est prévue pour mercredi, affirme-t-il.
La température élevée, qui a fait 22 morts, a légèrement fléchi dans certains départements dimanche, mais une trentaine étaient toujours en alerte orange canicule. Or "la semaine qui arrive s'annonce très chaude", a prévenu le ministre de la Santé. La mort d'un homme de 81 ans, retrouvé samedi dans son appartement à Schiltigheim, dans la banlieue de Strasbourg, pourrait être la conséquence de la canicule.
Autre source de difficultés pour les hôpitaux publics: ils vont devoir accueillir les patients qui auront trouvé porte close dans les cliniques privées. Les chirurgiens, anesthésistes et obstétriciens de ces établissements seront en "grève illimitée" à partir de lundi pour dénoncer "l'explosion" de leurs primes d'assurance. (D'après AFP)
(Patrick Pelloux/archives/DR)
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