© TF1Difficile de supporter les fortes chaleurs actuelles, surtout lorsqu'il faut travailler en plein air ou dans une pièce surchauffée (1). "Les employeurs sont tenus, en application de l'article L. 230-2 du code du travail, de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs de leurs établissements, en y intégrant les conditions de températures", rappelle le ministère du Travail sur son site Internet.
Les employés doivent ainsi pouvoir se rafraîchir en ayant à leur disposition de l'eau potable fraîche (au moins 3 litres par jour et par ouvrier sur les chantiers) et en bénéficiant d'une ventilation soit mécanique, soit naturelle. Depuis le 1er janvier 1993, précise encore le ministère, les nouveaux locaux professionnels "doivent permettre d'adapter la température à l'organisme humain pendant le travail". A l'extérieur, les postes de travail "doivent être aménagés de telle façon que les travailleurs soient protégés, dans la mesure du possible, contre les conditions atmosphériques".
Le code du travail n'établit aucun seuil de température à partir duquel les salariés seraient en droit d'interrompre leur activité. L'exercice de ce droit de retrait (L.231-8) "s'applique strictement aux situations de danger grave et imminent, souligne le ministère, il est soumis à l'appréciation des tribunaux".
"Pas de problème de bras de fer"
Les employeurs doivent intégrer le facteur "fortes chaleurs" dans le cadre de l'évaluation des risques et mettre en place un plan de prévention, en s'appuyant sur le médecin du travail. Il peut s'agir d'une communication (affichage, circulaire, intranet...) sur les dangers de l'hyperthermie, les manières de la prévenir et les premiers gestes pour venir en aide à une personne victime d'un coup de chaud. Une entreprise peut par exemple tolérer des tenues vestimentaires allégées.
Les horaires de travail peuvent également être aménagés. Membre de l'ACMS, le plus important groupement de médecins du travail (368 médecins intervenant auprès d'un million de salariés), le docteur Pierre Guinel indique à LCI.fr que certaines entreprises situées à Roissy ouvrent leurs portes dès 7h et les ferment en milieu d'après-midi.
"Depuis la canicule de 2003, les entreprises et les salariés sont mieux préparés à faire face à la chaleur", précise le Dr Guinel. Et si des salariés travaillent dans un environnement étouffant sans réaction de la part de leur employeur ? "L'avis du médecin du travail est consultatif, déclare Pierre Guinel, mais on a des moyens indirects de protéger les salariés, en les envoyant chez leur médecin traitant ou même en appelant les urgences." Pour autant, avec la chaleur, "il n'y a pas de problème de bras de fer ou de harcèlement", assure le médecin : "Nous sommes dans un domaine où l'on peut facilement trouver un consensus entre employés et employeurs".
(1) Selon la préfecture de Saône-et-Loire, un ouvrier de 53 ans, qui travaillait sur un chantier à Mâcon, est décédé mardi soir d'"hyperthermie maligne", un coup de chaleur.
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