Des espoirs importants, mais aussi de grosses craintes, pesaient sur le décollage de la navette Discovery, deux ans après le crash de Columbia. © NASALancement maintenu malgré tout. Mardi, Discovery devrait s'envoler du Centre Kennedy... Le dernier problème repéré sur la navette spatiale par les ingénieurs de la Nasa ne devrait théoriquement pas prêter à conséquence. Mais les techniciens qui assisteront à son vol auront sur les épaules une tension supplémentaire. "Nous avons décidé de poursuivre les préparatifs" tout en continuant les inspections, a déclaré lors d'une conférence de presse John Shannon, le directeur adjoint du programme des navettes.
Jusqu'alors, les problèmes étaient venus de la météo : trop de nuages samedi dans le ciel du Centre Kennedy, des risques d'orages dimanche... Résultat, l'équipage de Discovery était venu deux fois pour rien, la navette était restée clouée sur le pas de tir. Rien de tellement grave, en somme, si l'on songe que la fenêtre de tir dure 19 jours... Mais l'incident repéré dans la nuit de dimanche à lundi, lors d'une inspection après le deuxième report du lancement, pose d'autres questions. Et rappelle surtout de bien mauvais souvenirs. Ils ont découvert une fissure de 12,5 cm sur une partie de la mousse isolante du réservoir externe de la navette Discovery.
Un problème qui obsède la Nasa
Or ce problème de craquelure et de perte de mousse isolante était précisément à l'origine de la catastrophe de Columbia le 1er février 2003. Il avait aussi forcé la Nasa à immobiliser ses trois navettes après la reprise des vols en juillet 2005. C'est pour éviter toute redite de cette catastrophe que la Nasa a mis en place un système de surveillance optique traquant la moindre perte de mousse isolante au lancement et lors de la mise en orbite, pour détecter d'éventuels dégâts sur l'orbiteur : plus de cent caméras et radars autour du pas de tir au Centre Spatial Kennedy à Cap Canaveral, à des distances de 6 à 60 km ainsi qu'à bord d'avions, qui doivent prendre des images à haute résolution des moindres détails de l'orbiteur pendant les premières minutes délicates d'ascension.
Plusieurs caméras ont également été placées sur la navette. L'agence spatiale américaine est allée jusqu'à mettre en place un dispositif pour éloigner les gros oiseaux, surtout les vautours, considérés comme "un risque sérieux" en cas de collision. Un de ces rapaces avait heurté le réservoir externe de Discovery lors du précédent lancement en juillet 2005, sans faire de dommage.
Avant même la découverte de la fissure, malgré toutes ces précautions, certains ingénieurs en chef et des responsables de la sécurité ont plaidé pour un report de la mission, en attendant de plus amples modifications du réservoir principal. Michael Griffin, administrateur de l'agence spatiale américaine, qui a donné l'ordre final de procéder au lancement, a lui reconnu qu'un nouveau problème technique majeur entraînerait probablement l'abandon des vols de navette.
Photo d'ouverture : la navette sur son pas de tir - archives
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