© INTERNELe projet de création d'un troisième delphinarium en France, au parc Planète Sauvage, à Port-Saint-Père (Loire-Atlantique), suscite l'opposition d'associations de défense des cétacés, soutenus par des scientifiques, révèle vendredi Libération. Parmi les opposants, l'association SOS Grand Bleu. Son directeur, Jean-Pierre Sidois, s'en explique à LCI.fr.
D'une manière générale, que reprochez-vous aux delphinariums ?
Jean-Pierre Sidois : Notre premier argument est d'ordre éthique. De quel droit enferme-t-on dans des zoos des animaux sauvages et protégés ? Par ailleurs, la durée de vie d'un dauphin en milieu naturel est comprise entre 45 ans pour les mâles et 55 ans pour les femelles. En delphinarium, elle est de 20 ans du fait des pathologies que les dauphins développent : problèmes cardiaques, déviation autiste, ulcère de l'estomac, ce dernier représentant la moitié des décès enregistrés aux delphinariums d'Antibes et du parc Astérix. Ce sont des chiffres scientifiques qui parlent d'eux-mêmes.
Le dauphin est un animal très apprécié du public. A part dans les parcs aquatiques, les dauphins peuvent être observés en mer dans le cadre de croisières spéciales mais certains écologistes s'y opposent car ces observations rapprochées perturberaient la vie des cétacés...
J.-P. S. : C'est faux ! Ce que l'on dénonce, ce sont les observations organisées de manière anarchique. Et quand bien même, les perturbations que ces observations provoquent restent bien en dessous des dommages constatés en delphinariums. SOS Grand Bleu est un des acteurs du sanctuaire Pelagos pour les mammifères marins créé par la France, Monaco et l'Italie. Depuis les côtes de Provence-Côte d'Azur, une vingtaine d'opérateurs peuvent vous emmener en bateau voir des dauphins.
Justement, ces opérateurs respectent-ils tous la tranquillité des dauphins ?
J.-P. S. : La grande majorité, oui mais le manque de connaissance [sur la vie des dauphins, NDLR] est énorme. Plusieurs opérateurs proposent de nager avec les dauphins mais ça, c'est totalement illégal : il est interdit de les déranger dans le sanctuaire. Dans quelques mois, sera organisée une première réunion de tous les opérateurs du sanctuaire. Un examen sera établi et ceux qui le réussiront recevront un label d'Etat.
Les delphinariums permettent-ils d'étudier de plus près les dauphins ?
J.-P. S. : Non, on connaît bien maintenant le comportement des dauphins en captivité et les pathologies qu'ils développent. L'argument scientifique n'est qu'un alibi avancé par les parcs.
Quelle est la situation des dauphins en Méditerranée ?
J.-P. S. : Il y a beaucoup d'espèces différentes — la Méditerranée est la région du monde avec la plus forte concentration de cétacés. Les dauphins bleus, blancs sont les plus nombreux : on estime qu'il y en a environ 30.000 entre Nice et la Corse et 300.000 en Méditerranée occidentale. En revanche, les grands dauphins, ceux que l'on voit dans les parcs aquatiques, sont très peu nombreux : il y en a 200 autour de la Corse et quelques-uns près des Baléares et de Gibraltar. Les dauphins sont victimes des cachalots, de la pêche industrielle et aussi de la pollution.
photo : Giovanni Bearzi/UICN2003
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