© INTERNE"Femmes enceintes, vérifiez qu'il y a bien des obstétriciens et des anesthésistes dans votre maternité avant de vous y rendre !", a mis en garde jeudi, lors d'une conférence de presse, le syndicat national des gynécologues obstétriciens de France (Syngof). Car à partir de lundi, "les obstétriciens cesseront les accouchements dans les cliniques privées". "Il y a une très forte mobilisation des chirurgiens, anesthésistes et obstétriciens : un peu plus de 680 blocs opératoires sont impliqués dans le mouvement sur un total de 900", a de son côté déclaré à Philippe Cuq, président de l'Union des chirurgiens de chirurgiens de France (UDCF), premier syndicat à avoir annoncé cette grève dès mars dernier.
L'UDCF, le Syngof et l'association des anesthésiologistes libéraux (AAL) appellent les médecins libéraux de ces trois spécialités à "cesser leur activité" à partir de lundi "pour une durée illimitée". "On est à un peu plus de 3000 chirurgiens, plus de 1500 anesthésistes et à peu près la moitié des obstétriciens, soit 700 à 1000 obstétriciens" à prendre part au mouvement, a affirmé Philippe Cuq. Selon la présidente de l'AAL, Marie-Pascale Quirin, "les patients des cliniques qui auraient (après le 24) des complications seront bien sûr pris en charge", mais les autres seront "dirigés vers l'hôpital".
Hausses des primes d'assurances et revalorisations tarifaires retardées
Dans le collimateur des auteurs de l'appel à la grève : les hausses multiples des primes d'assurances des obstétriciens, comprises entre 15.000 et 25.000 euros en moyenne par an, pour un salaire moyen net annuel d'un obstétricien est de 80 à 90.000 euros. "Il faut entre 50 et 80 accouchements au tarif de la sécurité sociale pour payer ces primes d'assurance", a estimé le président du Syngof, le Dr Guy-Marie Cousin, réclamant "une garantie écrite des assureurs de diminuer les primes d'assurances de 20% dès le tarif 2007".
Les trois syndicats revendiquent aussi l'application d'accords signés en 2004 avec l'assurance maladie et l'Etat, qui prévoyaient des revalorisations tarifaires et la possibilité à terme pour les chirurgiens d'appliquer à leur guise des honoraires libres, non remboursés intégralement par la Sécurité sociale.
A l'opposé, la CGT et Sud Santé ont dénoncé la grève. "Ces praticiens actionnaires masqueraient-ils leur départ en congés par une utilisation abusive du droit de grève ?", a interrogé la CGT. "Ces fermetures peuvent poser un grave problème de santé publique: ce mouvement entraînera en effet la fermeture totale de services hospitaliers privés, financés, il faut le rappeler, principalement par les cotisations des assurés sociaux", a réagi Sud.
Photo d'ouverture : couloir d'hôpital - archives
Retour MYTF1
Chargement en cours...




