Tchernobyl : les écoutes téléphoniques qui accusent Pellerin

le 12 juillet 2006 à 15h31 , mis à jour le 12 juillet 2006 à 16h15

Le professeur Pierre Pellerin poursuivi dans l'enquête sur le passage en France du nuage radioactif de Tchernobyl est soupçonné par la justice d'être l'auteur d'un article, signé par trois spécialistes de médecine nucléaire, le dédouanant. Il a été mis en examen pour "tromperie aggravée" suite à des écoutes téléphoniques.

Pierre Pellerin TF1/LCIPierre Pellerin Tchernobyl télévision © TF1/LCI

Pierre Pellerin poursuivi dans l'enquête sur le passage en France du nuage radioactif de Tchernobyl cherche-t-il à se dédouaner ? Il est soupçonné par la justice d'être l'auteur d'un article publié par l'Académie des sciences mais signé par trois spécialistes de médecine nucléaire, Pierre Galle, Raymond Paulin et Anne Coursaget. La juge Marie-Odile Bertella-Geffroy a mis en examen cet ancien responsable du Service central de protection contre les rayonnements ionisants le 31 mai pour "tromperie aggravée".

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Comme l'indique Le Monde dans son édition de jeudi, les écoutes téléphoniques sur la ligne du Pr Pellerin, ordonnée par la magistrate, accréditent la thèse selon laquelle il est bien l'auteur de l'article. Daté de juin 2003, cet article indique notamment qu'en France les "retombées ont été très inférieures à celles qui auraient pu justifier des contre-mesures autres que le contrôle des denrées importées".

Ecoutes téléphoniques

Parallèlement, les écoutes téléphoniques montrent que Pierre Pellerin a largement contribué à la rédaction du texte qu'il n'a pas signé. Selon Le Monde, dans l'une d'elles, Pierre Pellerin explique: "Galle et Coursaget ont fait un travail de relecture. Toute la partie technique, c'est moi qui l'ai faite, et je ne signe pas pour la bonne raison que si j'avais signé, (l'article) n'aurait pas été accepté".

Selon une source proche du dossier, lors d'une conversation téléphonique en août 2003 avec sa petite-fille, le professeur lui a dit : "c'est moi qui en ai rédigé l'essentiel, mais cela tu le gardes pour toi". A un autre interlocuteur en octobre 2003, il précise: "dans ce papier que je t'ai donné, l'essentiel qu'il faut retenir, c'est que Tchernobyl en France, ça représente le 1/100e de ce que nous avons reçu de la part des tirs russo-américains qui ont duré près de 20 ans".

Le professeur Pellerin a été entendu pour la troisième fois lundi par la juge Bertella-Geffroy. Selon cette source proche du dossier, il a alors produit devant la magistrate un telex daté du 30 avril 1986, quatre jours après la catastrophe, dans lequel il informe les autorités: "situation stationnaire, on note cependant sur certaines stations du sud-est une légère hausse de la radioactivité atmosphérique non significative pour la santé publique". Son avocat, Me Georges Holleaux, n'était pas joignable en milieu de journée.

Image LCI. Pierre Pellerin. Archives.DR.

le 12 juillet 2006 à 15:31
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