© TF1Pour la deuxième année consécutive, une micro-algue toxique prolifère près des côtes italiennes, obligeant les autorités à interdire la baignade dans quelques plages. Outre Fregene, à quelques kilomètres de Rome, la côte Nord-Ouest du pays est la plus touchée. A Gênes, un sexagenaire a été hospitalisé début août, après être entré en contact avec l'algue.
Ne dépassant pas les 40 micromètres, l'Ostreopsis ovata "vit généralement au fond de la mer, mais remonte à la surface de l'eau lors de la floraison et relâche une neurotoxine qui peut être transportée dans l'atmosphère par les aérosols marins", explique sur son site l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer). La neurotoxine en question provoque une forte fièvre et des difficultés respiratoires mais elle peut aussi "se concentrer dans la chaîne alimentaire (coquillages et poissons)".
Si l'Ostreopsis ovata est d'origine tropicale, pointe encore l'Ifremer, "elle est connue de longue date en Mer Tyrrhénienne", où des épisodes d'intoxication ont été enregistrés depuis 1998. En 2005, près de 80 personnes, dans l'eau et sur les plages, avaient ainsi été intoxiquées dans la région de Gênes, à la suite d'une "concentration inhabituelle de cette algue sur une étendue de rivage de cinq kilomètres", rappelle l'Ifremer.
Une "possibilité" à "évaluer"
Et en France ? Depuis vendredi dernier, l'Institut national de veille sanitaire (INVS), sensibilisé sur la situation en Italie, "active ses réseaux", déclare à LCI.fr le docteur Georges Salines, responsable adjoint du département Santé et environnement à l'INVS. L'algue ne réprésente "pas un problème en France", rassure-t-il, "mais nous essayons d'évaluer la possibilité que ce problème se pose un jour". L'Ifremer, qui effectue des prélèvements dans la Méditerrannée, sera justement chargé de traquer l'Ostreopsis ovata.
Le réseau sanitaire de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur sera également mis à contribution pour faire "remonter" les informations et traiter les malades éventuels. Mais, indique-t-on au Centre anti-poison régional de Marseille, les symptômes d'une intoxication sont "très peu spécifiques" : "Cela ressemble à un début de grippe, ajoute-t-on, et il est quasiment impossible de faire le lien avec l'algue".
Même prudence chez un urgentiste de Nice : "Nous recevons beaucoup d'appels pour des malaises à la plage ou après la plage, dont les causes sont indéterminées". En attendant de connaître les résultats des prélèvements effectués par l'Ifremer, les touristes n'ont donc pas de raison d'abandonner les bains de mer.
photo : archives
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