
Quatorze personnes sont mortes dans le Nord-Pas-de-Calais -dont neuf se sont produits à Lens- des suites d'une infection nosocomiale depuis le début de l'année. La souche virulente de cette bactérie, le clostridium difficile, est apparue pour la première fois en France en cas groupés en 2006, selon un bilan communiqué jeudi par les autorités sanitaires. Les quatorze décès sont "au moins partiellement imputables" à cette bactérie qui provoque des diarrhées, selon l'InVS, qui avait fait état mercredi de 12 décès.
Depuis janvier dernier, 227 personnes ont été touchées par cette bactérie dans 15 établissements de la région (hôpitaux, maisons de retraite...), a déclaré jeudi le Dr Christian Lahoute, de la Direction régionale des affaires sanitaires et sociales (Drass). Deux de ces établissements, le centre hospitalier de Valenciennes, où les premiers cas ont été signalés, et celui de Lens, concentrent environ 60% des cas.
Les victimes sont en majorité des "patients âgés, qui ont reçu des antibiotiques et sont en général fragilisés par une pathologie sous-jacente, une insuffisance d'un organe (le rein, le coeur, le foi...) ou qui ont un cancer", a expliqué le Dr Anne Carbonne, du centre de coordination de la lutte contre les maladies nosocomiales dans l'interrégion Nord.
Situation "pas encore totalement maîtrisée"
Dans neuf établissements, l'épisode d'infection est lié à une souche plus virulente du clostridium difficile, dite "027", qui apparaît ainsi sous une forme groupée pour la première fois en France. Sur les 15 épisodes, neuf sont considérés comme contrôlés. Pour les six autres, la situation n'est "pas encore totalement maîtrisée" ou les autorités sanitaires manquent de "suffisamment de recul" pour le dire, selon le docteur Lahoute.
Détectée en 2003 au Canada et aux Etats-Unis, où elle a été responsable d'épidémies sévères en 2004, la souche 027 de cette bactérie s'est manifestée depuis en Grande-Bretagne, en Belgique et aux Pays-Bas. Face à cette situation, l'InVS a sensibilisé depuis janvier 2006 les différents établissements de santé et alerté les autorités sanitaires compétentes.
Appel à de "lourdes sanctions"
Mais l'association le Lien, de lutte contre les infections nosocomiales, dénonce. Elle a appelé jeudi toute personne touchée à se signaler auprès de la mission d'information et de médiation sur les infections nosocomiales, Idemin (tél: 0810 455 455 ou www.infonosocomiale.com) rattachée à l'HAS (Haute Autorité de Santé) présidée par le fondateur du Lien. Elle a aussi réclamé au ministère de la Santé la mise en place de "lourdes sanctions" contre le non signalement d'infections graves à déclaration obligatoire par les établissements de santé concernés et le lancement "sans délais, d'une étude exhaustive tant en milieu hospitalier qu'en ville, au niveau national, afin de s'assurer qu'il n'existe pas d'autres foyers inconnus sur le territoire".
D'après AFP
(Image d'archives TF1/LCI)
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