
Dans le domaine des pesticides, la France boit la tasse. Une étude de l'Institut français de l'environnement (Ifen), mise en ligne jeudi, en apporte une nouvelle fois la preuve. En 2004, 96% des 607 points contrôlés dans les rivières ont présenté au moins un pesticide, c'est-à-dire une substance chimique utilisée pour lutter contre les mauvaises herbes, les insectes et les maladies en agriculture, mais aussi pour désherber les voies ferrées ou les jardins par exemple. Pour les eaux souterraines, 61% des 910 points de contrôle se sont avérés également "positifs".
Plus grave, les niveaux de contamination sont souvent significatifs : la moitié des eaux de surface étudiées ont une qualité "moyenne à mauvaise". Près d'un tiers des eaux souterraines nécessiteraient un traitement spécifique d'élimination des pesticides s'ils étaient utilisés pour la production d'eau potable.
La France, championne d'Europe
Ces valeurs sont très proches de celles figurant dans le sixième bilan annuel des pesticides dans les eaux concernant l'année 2002 qui avait été publié par l'Ifen en 2004. Les points de contrôle ne constituent pas un échantillon entièrement représentatif de l'ensemble des cours d'eau et des nappes souterraines en France mais ils permettent de donner un aperçu de la contamination des eaux par les pesticides, a précisé l'institut. Les relevés sont effectués depuis 1998 à la demande du ministère de l'Ecologie.
La France est le premier utilisateur européen de pesticides et le troisième mondial après les Etats-Unis et le Japon. Les quantités vendues en France ont atteint des sommets dans les années 1990 avant de s'orienter à la baisse.
photo : SCX
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