"On n'exclut rien" sur la mort de l'ourse Palouma

Par Propos recueillis par Matthieu DURAND, le 28 août 2006 à 12h17 , mis à jour le 30 août 2006 à 18h12

La mort accidentelle de l'ourse Palouma, dont le corps a été retrouvé vendredi dernier dans les Hautes-Pyrénées, ne convainc pas toutes les associations écologistes. Alain Reynes, directeur de Pays de l'ours-Adet, attend les résultats de l'enquête et n'exclut aucune piste.

TF1/LCI : Le lâcher de l'ourse Palouma le 25 avril 2006 dans les Pyrénées Le lâcher de l'ourse Palouma le 25 avril 2006 dans les Pyrénées © DR

LCI.fr : L'ourse Palouma a été retrouvée morte au pied d'une barre rocheuse (lire l'article). Selon Nelly Olin, la ministre de l'Ecologie, sa mort accidentelle "ne fait aucun doute". Vous en tenez-vous à cette annonce ?

Alain Reynes, directeur de l'association Pays de l'ours-Adet : Non. Les premiers éléments laissent à penser qu'il pourrait s'agir d'un accident. Toutefois, nous attendons les résultats de l'autopsie de l'animal [pratiquée à l'école vétérinaire de Toulouse, NDLR] et des informations sur des données comprises dans le collier de Palouma qui abritait un récepteur GPS. Tout cela doit être couplé à une enquête sur le terrain. Dans l'attente des conclusions, on n'exclut rien : manifestement, l'ourse est tombée. Quand, comment, pourquoi ? Est-ce qu'elle était vivante pendant la chute ou déjà morte ? Dans le contexte actuel, considérant les annonces des opposants à l'ours dans les Pyrénées, on ne peut pas dire qu'il s'agit forcément d'un accident.

LCI.fr : Pour certains anti-ours, cette chute démontre que les ours slovènes ne sont pas adaptés à l'environnement pyrénéen. Que leur répondez-vous ?

A. R. : Les gens qui affirment cela ne sont pas montagnards ou sont de mauvaise foi. Chez toutes les espèces qui vivent en montagne, il y a des accidents, même chez les chamois et les isards, qui sont les champions de l'escalade. Dans ce cas, il faut arrêter les transhumances, étant donné le nombre de chutes de brebis constaté chaque année ! Un ours qui tombe d'un endroit escarpé, c'est arrivé au moins deux fois en Béarn ainsi qu'en Italie. Par ailleurs, les premiers lâchers d'ours [en provenance de Slovénie, NDLR] dans les Pyrénées remontent à une dizaine d'années et ils se sont reproduits, ils ont eu des petits, tout va bien ! Cet argument [de l'inadaptation] n'est pas sérieux.

LCI.fr : Votre association, comme d'autres, demande à la ministre de lâcher une femelle supplémentaire pour remplacer Palouma. Dans quels délais ?

A. R. : 8 jours, 3 mois ou 6 mois, ce n'est pas la question. Quand on travaille sur la restauration d'une population animale, on travaille sur le long terme. Ce que nous demandons à la ministre, c'est de prendre une décision rapidement puis de procéder au lâcher lorsque cela sera possible, que ce soit cet automne ou au printemps prochain.

LCI.fr : Les cinq lâchers d'ours qui se sont succédé depuis le printemps dernier ont-ils eu un impact sur la fréquentation touristique ?

A. R. : Nos locaux sont situés au-dessus du syndicat d'initiative d'Arbas [une des communes qui a accepté "d'accueillir" un ours slovène sur son territoire, NDLR] et de nombreux touristes sont venus nous poser des questions. Les accompagnateurs en montagne nous ont également indiqué que de toutes les sorties thématiques, celle sur l'ours avait eu le plus de succès. La campagne de désinformation des opposants à l'ours a eu très peu d'impact.

J'ai reçu une fois un appel d'un randonneur qui sillonnait les Pyrénées depuis 20 ans et qui était très en colère car il avait désormais peur de tomber sur un ours. Je lui ai fait remarquer qu'il y a eu des lâchers d'ours depuis 10 ans dans les régions qu'il fréquente et qu'il n'a donc jamais été inquiété. Il m'a rappelé pour s'excuser d'avoir été aussi virulent et pour me dire qu'après avoir fait des recherches, il avait été rassuré. C'est bien la preuve que l'ours ne fait pas peur aux touristes mais qu'on peut faire peur aux touristes avec les ours.

Réagissez sur la mort de Palouma dans
On en parle, l'émission interactive de LCI, diffusée mardi 29 août à partir de 9h10
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photo : le lâcher de Palouma le 25 avril dernier (LCI)

Par Propos recueillis par Matthieu DURAND le 28 août 2006 à 12:17
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24 Commentaires

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  • Cyril, le 29/08/2006 à 14h40

    Certains Pyrénéens anti-ours font valoir que ce plantigrade est dangereux, tue nos enfants car il est sanguinaire et va obligé les pseudos bergers à surveiller leurs troupeaux (seuls les vraix bergers le font).VOUS avez choisi de vivre avec cette montagne qui vous offre toutes ses richesses.L'ours en fait partie et si cela devient trop dure a supporter PARTEZ car vous êtes la plus grande insulte à cette magnifique montagne et arrêtons une bonne fois pour toutes avec ces gens de la ville qui décide à vôtre place car ne vous en déplaise tous ce qui touche à la France concerne tous les français citadins et ruraux.merci de faire passer.

  • DUCLOS, le 28/08/2006 à 23h56

    Avec une dette publique à 1.138 milliars d'euros à fin 2005, soit 18.000 euros par habitant on s'amuse à réeintroduire un animal qui nous coûte de l'argent ( suivi, dégâts troupeaux etc...) pas sérieux. J'habite un petit village et il y a des jeunes handicapés à qui on ne tend même pas la main en leur donnant un petit job, ils passeront leur vie délaissés. Ne méritent-ils pas autant que l'ours?

  • Cyril, le 28/08/2006 à 22h36

    Arrêtons avec combien ça coûte car beaucoup de gens qui payent des impôts sont pour la réintroduction de cette éspèces. Je paye ma part d'impôt et je préferre qu'elle aille à cette cause que de financer certains glandeurs qui profitent du système. L'ours peut être dangereux mais l'homme l'est encore plus. Pour certains esprits stérils, la reintroduction d'éspèces menacées nous donne du crédit quand on demande à l'Inde de sauver ses tigres, les Eléphants pour l'afrique... Pour comprendre cela regardez plus loin que vôtre fessier.MERCI DE FAIRE PASSER

  • Denise, le 28/08/2006 à 22h16

    Désormais lorsque je fais les courses,je regarde bien de ne plus rien prendre comme produit d'origine des pyrénées.

  • JM, le 28/08/2006 à 21h50

    TT ce cinéma pour un ours... Dire qu'en Russie, on en mange ! Ce n'est pas mauvais

  • François, le 28/08/2006 à 21h26

    Même quand un ours tombe d'une barre rocheuse,les anti-ours en profitent pour balancer leur propagande et leurs mensonges,à l'image de leurs leaders...

  • Max, le 28/08/2006 à 20h43

    Vive les ours et la tres grande majorité des Français (78%dernier sondage officiel ) qui les soutiennent.

  • Chantal, le 28/08/2006 à 20h28

    La Mort de Palouma engendre une vraie question : quel est l'intérêt de lâcher des ours dans les Pyrénées et surtout des ours inadaptés. Pensez surtout aux pauvres bêtes qui se font dévorer par l'ours et celles qui souffrent quand elles sont blessés...........

  • Chantal, le 28/08/2006 à 20h24

    La mort de Palouma prouve bien que les ours slovènes ne sont et ne s'adapteront JAMAIS aux montagnes pyrénéennes car rien à voir avec les VRAIS ours des Pyrénées que nos anciens ont fait disparaître de nos campagnes.

  • Estelle, le 28/08/2006 à 20h20

    Un ours en liberté, des vies en danger !!! tant qu'il y aura des ours en liberté, nos vies seront en danger, surtout celles des chasseurs, randonneurs, é des enfants qui se promènent en montagne !!!

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