Infections nosocomiales : un maire dénonce la "faute" de l'Etat

le 31 août 2006 à 20h55 , mis à jour le 01 septembre 2006 à 21h58

Guy Delcourt, le maire PS de Lens, a dénoncé jeudi la "faute" des services de l'Etat dans l'affaire des infections nosocomiales. Il accuse l'institut de veille sanitaire de ne pas avoir informé les élus du Nord-Pas-de-Calais "en temps réel". 9 des 14 décès liés à cette bactérie se sont produits à l'hôpital de Lens.

TF1/LCI Chirurgien opération clinique hôpital

"Pourquoi a-t-on attendu la fin des vacances pour lâcher une information aussi importante ? Pourquoi les services sanitaires n'ont-ils pas communiqué plus tôt au niveau des médias ?" Il se pose des questions, mais il n'a pas beaucoup de réponses. Le maire PS de Lens Guy Delcourt a dénoncé jeudi "la faute" des services de l'Etat pour ne pas avoir informé "en temps réel" les élus du Nord-Pas-de-Calais de l'ampleur de l'infection nosocomiale ayant causé la mort de 14 personnes dans la région depuis début 2006.  "Ce qui est grave dans cette affaire (...) c'est que l'Institut de veille  sanitaire sorte un rapport sur internet sans avoir alerté préalablement les  élus", a-t-il déclaré, indiquant que les services préfectoraux ont  "eux-mêmes été surpris" de ce mode de publication.

Depuis début 2006, 227 personnes ont été touchées par une bactérie, le  clostridium difficile, dans une quinzaine d'établissements hospitaliers du  Nord-Pas-de-Calais. Neuf des 14 décès liés à cette bactérie se sont produits à  l'hôpital de Lens. La souche virulente de cette bactérie, le clostridium difficile, est apparue pour la première fois en France en cas groupés en 2006, selon un bilan communiqué jeudi par les autorités sanitaires. Les quatorze décès sont "au moins partiellement imputables" à cette bactérie qui provoque des diarrhées, selon l'InVS, qui avait fait état mercredi de 12 décès.

Patients âgés et fragilisés

Les victimes sont en majorité des "patients âgés, qui ont reçu des antibiotiques et sont en général fragilisés par une pathologie sous-jacente, une insuffisance d'un organe (le rein, le coeur, le foi...) ou qui ont un cancer", a expliqué le Dr Anne Carbonne, du centre de coordination de la lutte contre les maladies nosocomiales dans l'interrégion Nord.

Détectée en 2003 au Canada et aux Etats-Unis, où elle a été responsable d'épidémies sévères en 2004, la souche 027 de cette bactérie s'est manifestée depuis en Grande-Bretagne, en Belgique et aux Pays-Bas. Face à cette situation, l'InVS a sensibilisé depuis janvier 2006 les différents établissements de santé et alerté les autorités sanitaires compétentes.

Appel à de "lourdes sanctions"

L'association Droits des victimes (ADV) a demandé vendredi au ministère de la Santé de "diligenter une enquête administrative pour déterminer les responsabilités" de chacun. L'ADV, créée en 1999 pour défendre notamment les victimes d'infections nosocomiales, a estimé dans un communiqué que "toutes les mesures de prévention n'ont pas été prises afin de contenir ces infections". "Je crois qu'on n'a pas pris la mesure de cette épidémie, ni de ce qui s'était passé dans les autres pays", a précisé son président, Fabrice Rouderies. L'association "s'étonne" notamment de "l'information très tardive" sur l'épidémie. "Il est parfaitement inadmissible que les responsables des établissements hospitaliers de la région Nord-Pas-de-Calais, pourtant informés de ce qui se passait dans leurs établissements, aient attendu 14 décès pour alerter les patients-usagers", a souligné l'ADV.

Dès jeudi, l'association le Lien, qui lutte également contre les infections nosocomiales, avait appelé toute personne touchée à se signaler auprès de la mission d'information et de médiation sur les infections nosocomiales, Idemin (tél: 0810 455 455 ou www.infonosocomiale.com) rattachée à l'HAS (Haute Autorité de Santé) présidée par le fondateur du Lien. Elle a aussi réclamé au ministère de la Santé la mise en place de "lourdes sanctions" contre le non signalement d'infections graves à déclaration obligatoire par les établissements de santé concernés et le lancement "sans délais, d'une étude exhaustive tant en milieu hospitalier qu'en ville, au niveau national, afin de s'assurer qu'il n'existe pas d'autres foyers inconnus sur le territoire".

D'après AFP

(Image d'archives TF1/LCI)

le 31 août 2006 à 20:55
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10 Commentaires

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  • Antoine, le 01/09/2006 à 16h53

    Attitude hélas de plus en plus répandue d'une génération d'assistés post-soixante-huitards, marionnettes de cocktails mondains, qui gesticulent beaucoup contre l'état mais sont incapables de prendre leurs responsabilités en s'investissant personnellement dans la résolution de problèmes.

  • Vastre, le 01/09/2006 à 15h55

    N'étant pas plus compétent que le maire de Lens en matière sanitaire, je souhaiterais que les professionnels de la santé donnent leur avis et éventuellement critiquent l'attitude des pouvoirs publics. Les citoyens doivent être éclairés pour se forger une opinion. Merci aux pros de les éclairer.

  • Dusautoir, le 01/09/2006 à 11h57

    Decidement tout est bon pour les socialistes...la polemique , mais que font il!! sinon decrier .il sont aussi responsable...apres tout l'etat c' est nous !! y en a marre de payer pour des politiens de tous bord s irresponsables

  • DUFOUR MARIE CLAUDE, le 01/09/2006 à 09h33

    Jetrouve scandaleux à notre époque d'en arriver là maintenant lorsque l'on rentre à l'hopital on va se demander si on ne va pas ressortir plus malade que l'on ne l'est Bravo la médecine francaise

  • EB, le 01/09/2006 à 09h28

    Et vas-y on pète de travers et c'est l'état. Messieurs les humains assumez vos propre erreur arrêtez de vivre sous assistanat. Un problème dans une ville (trotOirs sales, crottes de chien) c'est la mairie, mais non c'est les gens qui sont d...... Les médecins font une erreur c'est l'état!!!

  • Mika, le 01/09/2006 à 04h54

    On désigne toujours un coupable... mais on connaît rarement la source du désagrément. On pourra par exemple aussi se demander si la direction de l'établissement hospitalier avait pris des mesures particulières, etc. Préciser l'appartenance politique du maire, de la part du journaliste, et prononcer le mot "Etat responsable", de la part du maire, dénote une certaine envie de créer la polémique avant même de savoir d'où vient réellement le problème.

  • Jp, le 31/08/2006 à 22h47

    Mort de rire les élus auraient fait quoi de plus que les services d hygiène ?? n'importe quoi....

  • J-Yves, le 31/08/2006 à 22h44

    C'est dingue.. C'est toujours la faute de l'etat. Question initiative, ce maire ne vaut vraiment pas grand chose. Quand on dit que Gerer, c'est prevoir, ben a priori, il ne sait pas faire son boulot.

  • Flo, le 31/08/2006 à 22h09

    Ca a eu lieu aussi à Valenciennes mais là le maire certes proche de Borloo n en fait pas un cataclysme.Comment le gouvernement pourrait-il responsable du moindre problème qui se pose dans un hopital? Les infections nosocomiales existent et ce dans tous les pays! La gauche n'a pas d'idée,pas de programme.Tout est bon pour essayer de discréditer le gouvernement!C'est petit.D'ailleurs dans la meme logique que ce type,c'était sous quel gouvernement le sang contaminé?

  • Richard, le 31/08/2006 à 21h45

    Si l'etat ne leur dit pas, ils ne savent pas ce qu'il se passe sur leurs communes J'appele cela de la mauvaise foi.............

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