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L'Institut national du cancer perd sa tête

Edité par
le 01 août 2006 à 18h24
Temps de lecture
3min
david khayat institut national du cancer
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SciencesLe professeur David Khayat, président de l'Institut national du cancer, a démissionné mardi de ses fonctions. Il était au centre d'une polémique sur sa gestion et son comportement. De nombreuses dérives avaient été dénoncées en juin dans un rapport d'audit.

Cible de vives attaques depuis plusieurs mois, David Khayat, président de l'Institut national du cancer (INCa), a démissionné de ses fonctions, a annoncé mardi l'Elysée. Le Pr Khayat avait pourtant affirmé en juin qu'il n'avait "rien à se reprocher" et qu'il quitterait "tranquillement" à la fin de l'année la direction de cet organisme.

Jacques Chirac, qui l'a reçu mardi, a salué son "travail remarquable". "Après deux ans passés à la tête de l'Institut national du Cancer, le professeur David Khayat a souhaité cesser ses fonctions au sein de l'Institut pour pouvoir se consacrer, à nouveau totalement, à ses activités de recherche et de soins", selon la présidence. Dominique de Villepin a salué pour sa part "un homme d'engagement et de devoir au service de la lutte contre le cancer".

Lettre anonyme et audit

En juin dernier, un rapport d'audit du Contrôle général économique et financier de Bercy avait dénoncé les dérives de l'établissement. Cet audit avait été commandé par les deux ministères de tutelle de l'INCa (Santé et Recherche), conjointement avec le Pr Khayat. Motif : ce dernier avait été accusé d'enrichissement personnel et l'Inca de "dépenses somptuaires" dans le cadre d'une "lettre anonyme distribuée au début du mois de mars dernier", avaient alors indiqué les ministères. Des "assertions calomnieuses" que le rapport, "[a réfuté] de manière claire et sans ambiguïté", avaient assuré les autorités.

L'audit a montré que "l'organisation des instances et surtout leur conduite, comme l'animation des équipes, n'ont pas été à la hauteur des enjeux et des difficultés de la lutte contre le cancer". Evoquant des "tensions" entre l'Inca et d'autres organismes du cancer, les rapporteurs ont estimé qu'une "gouvernance renouvelée est nécessaire pour conduire cette stabilisation". Egalement pointés du doigt : "des recrutements par des liens de parenté", les appels d'offres lancés par l'Inca et la rémunération de ses dirigeants. Le rapport a même souligné que l'Institut "n'assume pas son rôle de proximité avec les patients".

Depuis juillet 2005, "l'Institut a permis à la lutte contre le cancer de franchir des étapes décisives", ont toutefois pointé en juin les ministères de tutelle, évoquant "la généralisation du dépistage des cancers", "le rattrapage de notre retard en matière d'imagerie" et "la créationdes pôles régionaux et hospitaliers de cancérologie".

Reste que toute cette affaire ne contribue pas à installer l'organisme, qui a été lancé en mai 2005 dans le cadre du plan Cancer, un des grands chantiers de la présidence Chirac. Décrit en juin dans Le Parisien, comme un "fonceur brillant [ayant] suscité des inimitiés solides dans le monde de la cancérologie", le Pr Khayat en fait aujourd'hui les frais. Les malades du cancer aussi.

photo : le Pr David Khayat (archives)
Commenter cet article

  • Etienne : En réponse à BT (Paris) : moi, je ne trouve pas l'article "orienté" puisqu'il est précisé que les "assertions calomnieuses" sur Khayat ont été refuté "de manière claire et sans ambiguité". Pour moi, ce qui ressort, ce n'est pas que le Prof Khayat a profité de quoi que ce soit mais bien que l'organisation et la gestion de l'INCa laisse à désirer et qu'il faut revoir le fonctionnement de cet organisme. Cela ne remet pas en cause son existence pour autant. Quant aux réactions des internautes, elles sont peut-être parfois excessives mais avouez qu'il y a de quoi être enragé de constater qu'à peine un an après sa création, cette belle initiative pâtit de dérives administratives. Cela rappelle de mauvais souvenirs, même si je suis d'accord avec vous, il ne faut pas tout mélanger. La lutte contre le cancer mérite mieux que tout ça.

    Le 03/08/2006 à 11h40
  • Matthieu : Pour revenir sur l'expression de "république bananière", précisons que l'audit ne pointe que 4 liens de parenté sur un effectif de 200 personnes. Nous sommes loin d'abus dignes des républiques sus-nommées.

    Le 03/08/2006 à 11h12
  • BT : Je tiens à souligner le côté orienté de l'article qui, sur les accusations personnelles à l'encontre de D. Khayat, ne rapporte que le point de vue de l'interessé mais pas le fait que le rapport d'audit le blanchit totalement. Vous entretenez ainsi la suspicion, ce qui entraîne évidemment les réactions sévères des internautes. L'INCa, nouvelle institution, a néanmoins besoin de redéfinir son projet et sa place dans le paysage de l'oncologie.

    Le 03/08/2006 à 11h08
  • Christian : Que ce départ représente une perte pour les malades n'engage naturellement que l'auteur de votre article. D'autres pourraient y voir une chance de faire avancer le fonctionnement de cette institution.

    Le 03/08/2006 à 05h07
  • Alain : La république bananière a encore frappé ! Quelle honte, surtout vis à vis des personnes atteintes d'un cancer.

    Le 02/08/2006 à 17h03
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