Les méduses pullulent en Méditerranée

Par Par Matthieu DURAND, le 11 août 2006 à 17h21 , mis à jour le 11 août 2006 à 17h51

Les méduses prolifèrent près des rivages français de la Méditerranée. Deux plages de Marseille ont même dû êtres interdites à la baignade mercredi. Un phénomène cyclique qu'analyse pour LCI.fr Gabriel Gorsky, biologiste marin.

TF1/LCI méduses Méditerranée © Damien Eloire (Université Pierre et Marie Curie/Ifremer)

De Nice à Marseille, les vacanciers oscillent entre exaspération et résignation : les méduses pullulent, au point que la baignade a dû être interdite sur certaines plages. Le drapeau rouge a ainsi flotté mercredi une partie de la journée sur les plages très fréquentées de Borély et de Bonneveine, à Marseille. En Espagne, la prolifération est telle que les autorités ont créé un nouveau drapeau, avec méduses bleues sérigraphiées sur fond blanc, pour avertir le public.

La méduse en question est la pélagie ou Pelagia noctiluca. Absente des côtes méditerranéennes françaises depuis 1998, elle a fait un retour remarqué en 2003, la revue La Recherche annonçant alors qu'elle "s'installerait" au large de nos rivages "pour au moins quatre ans". Cette prédiction, confirmée par les faits, s'appuyait sur les travaux de Jacqueline Goy, chercheuse à l'Institut océanographique de Paris : d'une manière générale, "les pullulations interviennent après trois années d'un printemps chaud et sec". Celles-ci débutent tous les 12 ans et durent de quatre à six ans.

"Plus que d'années à méduses, il faut parler de périodes à méduses", commente Gabriel Gorsky, biologiste marin à l'Observatoire océanographique de Villefranche-sur-Mer. "Un déficit prolongé de pluviométrie associé à une hausse des températures de l'eau et de l'air ainsi que des hautes pressions atmosphériques sont des facteurs favorables à la pullulation", explique-t-il à LCI.fr. "Il y a corrélation mais on ne sait pas s'il y a causalité", s'empresse-t-il d'ajouter, en s'appuyant sur les recherches de sa collègue parisienne. La décroissance des populations de méduses est également en phase avec les variations climatiques et alimentaires, ajoute-t-il.

"Hécatombe" à Nice

A la nuit tombée, les pélagies remontent à la surface pour se nourrir. Elles sont alors à la merci des courants et du vent, qui peuvent les rabattre par milliers vers le littoral. Justement, un courant marin, qui "part" d'Italie vers l'Espagne, longe les côtes françaises. Criques, baies et anses deviennent alors des réservoirs à méduses, comme c'est le cas actuellement.

TF1/LCI méduses Méditerranée
Le 24 mai dernier, un essaim de millions
de pélagies s'est échoué au pied de
l'Observatoire océanologique de
Villefranche-sur-mer
(photo : Damien Eloire,
Université Pierre et Marie Curie/Ifremer).
Or, la Pelagia noctiluca est particulièrement urticante. Dans son dossier publié en 2003, La Recherche rappelait que les piqûres de cette espèce "provoquent des brûlures mais aussi des troubles plus sérieux allant jusqu'aux syncopes chez les personnes particulièrement sensibles". Interrogé par LCI.fr, un urgentiste niçois évoque pour la saison estivale 2006 une "hécatombe" de personnes piquées "avec des problèmes plus ou moins graves".

En 2007, les populations de méduses pourraient décroître, si le "cycle des méduses" s'avère exact. Mais à plus long terme, pointe Gabriel Gorsky, les scientifiques émettent l'hypothèse que le zooplancton gélatineux, dont font partie les méduses, pourrait mieux s'adapter au réchauffement climatique que le reste de la faune marine. Certaines zones de la Méditerranée pourraient ainsi être désertées par les poissons au profit des méduses, qui se nourrissent des mêmes ressources. Ce qui ne serait pas sans conséquences pour les pêcheurs, les consommateurs... et les baigneurs.

photo : Damien Eloire (Université Pierre et Marie Curie/Ifremer)

Par Par Matthieu DURAND le 11 août 2006 à 17:21
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5 Commentaires

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  • Helly, le 31/07/2009 à 13h32

    Arrêtez d'inquiéter les foules non averties. les méduses sont et seront toujours présentes sur la côté méditerranée. en 1983, en 1976 , deux années avec pas mal (plein) de méduses. que l'on voyait même mortes sur le sable tellement il y en avait, mais bon la nature est la nature ! ca nous empêchait pas nous, jeunes à l'époque, de nous amuser et de prendre du bon temps au soleil. tout n'est pas sans arrêt noir ! il faut profiter de la vie quand elle est là !!

  • Ludo Vincent, le 15/08/2006 à 22h01

    Il n'y a qu'à réintroduire plus de tortues et de dauphins, car ils sont les deux seuls animaux qui se nourrissent de méduses. Il serait possible d'avoir des fermes marines en plein mer ou dauphins et tortues de mers seraient elevés pendant l'hiver-printemps et relachés l'été pour manger les méduses (à l'instar de ce qui se fait avec les thons).

  • Patrick, le 13/08/2006 à 12h31

    Bonjour il y a d'autres endrois sur la cote d'azur ou il n(y a pas de meduses alors restez donc a metz dans votre piscine

  • Evro, le 12/08/2006 à 11h11

    Nous aussi nous rentrons de Nice et nous avons été surpris de découvrir autant de méduses. Nous avons été sur plusieurs plages des environs, jusqu'à Théoule, et c'était la même chose.

  • Fabrice, le 11/08/2006 à 19h55

    De retour de Nice, notre séjour a été un peu gaché par des colonies de méduses plusieurs jours d'affilés...Vive la piscine !

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