Le rainbow warrior à Marseille © LCIAprès s'être fait refoulé de Marseille la semaine dernière, le Rainbow Warrior II est interdit d'accès depuis dimanche au port espagnol de Carthagène. "Les autorités portuaires nous ont refusé l'autorisation sans aucune raison valable", a déclaré François Provost, chargé de la campagne Océans de Greenpeace France, à bord du navire.
"On nous a dit qu'il n'y avait pas de place au port mais nous avons pu faire des navettes en zodiac et constater qu'il y a de la place pour nous recevoir. Cela montre une fois de plus l'influence que peut avoir l'industrie de la pêche et de l'engraissage de thon rouge en Espagne et en France", a ajouté ce responsable de l'organisation écologique.
Le Rainbow Warrior II doit achever mercredi une campagne de documentation de deux mois en Méditerranée sur la pêche au thon rouge, dont les stocks sont menacés en raison de son succès sous forme de sushis. Il quittera mercredi soir les abords du port de Carthagène vers le port de Barcelone, où il mouillera jusqu'à la fin de la semaine.
Surpêche
Le thon rouge est engraissé dans des fermes marines mais il ne provient pas de l'aquaculture, cette espèce ne se reproduisant pas en captivité. Il s'agit de spécimens sauvages capturés en mer. La pêche a lieu en juin-juillet au moment où les thons se rassemblent dans trois zones connues (Baléares, Sicile, nord de l'Egypte) pour se reproduire. Facilement détectables, ils sont transférés vers les fermes dans des cages remorquées à très faible vitesse pour éviter leur surmortalité. Là, ils sont gavés de sept à huit mois pour atteindre le taux de lipide adéquat au goût des Japonais.
Sur le marché nippon, un kilo de ce poisson se négocie 100 dollars, voire plus de 500 dollars "pour des thons de qualité exceptionnelle", rapporte l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer). Mais le non-respect des quotas pourrait provoquer un effondrement brusque de la population de thon rouge en Méditerranée "dans un futur proche".
Selon des chiffres de mai 2006, émanant de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (Cicta), ces fermes ont une capacité de production de 50.000 tonnes. Pourtant, le quota de pêche est fixé par les autorités à 32.000 tonnes par an, dont plus de la moitié pour la France, l'Espagne et l'Italie réunies. Or, selon l'Ifremer, ce quota est supérieur au potentiel de production actuel du stock, évalué à environ 25.000 tonnes. Toutefois ces données restent peu fiables, regrette l'institut, car elles dépendent des déclarations des pêcheurs. Lesquels jugent que "la ressource n'est pas en danger".
D'après AFP
photo : LCI
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