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Quand des patients déclenchent les alarmes des aéroports


le 04 août 2006 à 11h03
Temps de lecture
3min
aéroport queue file attente voyageurs embarquement

Crédits : LCI

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SciencesLes patients qui ont passé un scanner ou qui suivent un traitement aux isotopes radioactifs peuvent activer les portiques de sécurité. Un phénomène qui risque de prendre de l'ampleur alors que ces alarmes sont de plus en plus sensibles.

Certains patients reçoivent des injections d'isotopes radioactifs lors de traitements ou d'examens de diagnostic. Or, jusqu'à trois mois plus tard, ils peuvent activer les alarmes des systèmes de sécurité des aéroports, avertissent des médecins de l'hôpital de Birmingham dans le British Medical Journal. Exemples à l'appui.

Ainsi, en 2005, un patient âgé de 46 ans, qui recevait un traitement à l'iode-131 à cause d'un excès d'hormone thyroïdienne, a activé les détecteurs d'un aéroport américain six semaines plus tard, début 2005. Il a été longuement interrogé mais il a pu être libéré car il portait sur lui une carte faisant état de son traitement.

Même mésaventure pour des patients ayant en 1986 tenté de visiter la Maison-Blanche après avoir passé un scanner et pour un sexagénaire, ayant également reçu du thallium-201, qui a actionné l'alarme en voulant se rendre à son coffre à la banque. En 2004, après un examen au scanner, un pilote a lui aussi activé une alarme d'aéroport et n'a été relâché que le lendemain. La même année, un septuagénaire traité à l'iode radioactif pour un goitre a également "sonné" à l'aéroport de Vienne.

Prévenir les patients

"Alors que les aéroports mettent en place des systèmes de détection des radiations de plus en plus sensibles, on peut s'attendre à davantage de cas de ce genre, si nous ne prenons pas la responsabilité de prévenir nos patients", relèvent les auteurs de l'article, invitant les médecins à munir leurs patients de certificats précisant le traitement reçu.

Les patients traités à l'iode-131 pour hyperthyroïdie (excès d'hormone thyroïdienne) doivent être particulièrement vigilants car ils peuvent activer les alarmes jusqu'à 95 jours après le traitement. Le délai est plus court pour d'autres éléments radioactifs : 30 jours pour le thallium-201 et le gallium-67, 14 jours pour l'indium-111, 3 jours seulement pour l'iode-123 et un seul pour le fluor-18.

Dans un éditorial, le British Medical Journal rappelle aussi que les patients traités à l'iode-131 doivent éviter les contacts prolongés quotidiens à moins d'un mètre de leurs jeunes enfants. Il leur est également conseillé d'éviter les transports publics pendant deux semaines pour ne pas exposer les passagers proches à la radioactivité.

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  • Lania : L'iode-131 constitue un produit de fission particulièrement redouté quand il est relâché dans l'atmosphère à la suite d'explosions de bombes atomiques ou d'un accident comme celui de Tchernobyl. Le danger provient de ce qu'il est aisément volatile et extrêmement radioactif. Respiré, il se concentre sur la thyroïde et il est à l'origine de cancers de cette glande sensible qui fixe l'iode. La courte période contribue à la diminution du danger avec le temps. L'activité de l'iode-131 décroît de 14 fois en un mois, de 2700 fois en un trimestre. Cette disparition conduit à une méthode de prévention très particulière. En cas d'exposition, il s'agit de prévenir l'assimilation de l'iode radioactif. En faisant absorber des pilules d'iode, on sature la thyroïde qui n'assimile plus alors l'isotope dangereux. Ceci laisse le temps de gagner une zone moins contaminée et d'attendre la disparition de l'iode.

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