le rainbow warrior à marseille © LCIL'épreuve de force continue au large de Marseille. Alors que l'ultimatum lancé par les thoniers méditerranéens au Rainbow Warrior II a été relancé jusqu'à 13h, le bateau est toujours encerclé par les embarcations des pêcheurs qui veulent l'empêcher d'entrer dans le port. Mercredi matin vers 8h, une vingtaine de thoniers et chalutiers ont encerclé ce voilier qui faisait route vers la cité phocéenne, dans l'intention de le contraindre à repartir vers le large. Le trois-mâts à la coque verte de Greenpeace a alors affalé les voiles et dû jeter l'ancre à environ 2 kilomètres de l'entrée du Vieux-Port, non loin du château d'If.
Le président du syndicat des thoniers méditerranéens, Mourad Kahoul a ensuite adressé un message à Greenpeace accordant au Rainbow Warrior II "deux heures d'escale technique" jusqu'à midi, puis a repoussé cet ultimatum jusqu'à 13h. "S'ils ne veulent pas partir, on les fera partir", a asséné Serge Perez, vice-président du syndicat des thoniers méditerranéens, propriétaire du Saint-Antoine-Marie. L'ONG, par la voix de Pierre Ramel, son directeur des actions, a aussitôt dénoncé "une action illégale, contraire à toute législation. Nous avions reçu l'autorisation de nous mettre à l'ancre au large du port de Marseille pour une escale technique. Vingt-et-un thoniers nous empêchent de le faire".
Stocks de thon rouge
Une vedette de la gendarmerie maritime est sur place, faisant l'interface entre les pêcheurs et Greenpeace, "de façon à ce que la situation ne dégénère pas", a indiqué la Préfecture maritime. Deux embarcations de la Police nationale se trouvent également sur zone. Le Rainbow Warrior II avait obtenu dans un premier temps l'autorisation de la communauté urbaine Marseille-Provence-Métropole (MPM) de s'amarrer dans le Vieux-Port, selon Greenpeace. Mais vendredi, la communauté urbaine a informé l'ONG qu'elle ne pouvait plus accepter la venue du navire, pour des raisons de sécurité.
Comme solution de repli, MPM avait évoqué la possibilité d'accoster dans le Port autonome de Marseille (PAM, sous la tutelle de l'Etat). Mais le PAM a fait savoir que le Rainbow Warrior II n'était pas non plus le bienvenu, dans la mesure où il ne s'agit pas d'un navire de commerce.
L'état des stocks de thon rouge est au coeur de la polémique. Les pêcheurs professionnels assurent qu'"il n'y a pas de danger sur la ressource" en Méditerranée et reprochent à Greenpeace de concentrer ses attaques sur les thoniers français. De son côté, l'ONG, à l'instar des scientifiques, assure que l'espèce est surexploitée ".
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D'après AFP
(Image d'archives du trois mâts de Greenpeace, le Rainbow Warrior)
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