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Sida : un enfant infecté toutes les minutes


le 18 août 2006 à 18h22
Temps de lecture
4min
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Crédits : INTERNE

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SciencesLa Conférence internationale sur le sida, qui s'est tenue du 13 au 18 août à Toronto, au Canada, a révélé que certaines populations sont encore largement exclues de l'accès aux traitements. Les enfants, les homosexuels et les prisonniers sont particulièrement touchés par l'infection. Au-delà du constat, la conférence a également permis de mettre en lumière des moyens de lutte contre le virus.

Chaque minute, un enfant de moins de 15 ans est infecté par le virus du sida et l'épidémie tue 500 000 enfants par an. Plus de 2,3 millions d'enfants vivent avec le virus du sida, en quasi-totalité dans les pays pauvres.

Car la mobilisation des donateurs contre l'épidémie a négligé les femmes, par ricochet, les enfants trinquent. Le taux de transmission de mère à enfant va jusqu'à 45% dans les pays pauvres. Selon l'OMS, 6% seulement des femmes séropositives dans le monde bénéficient de la prophylaxie antirétrovirale qui permet de prévenir l'infection pendant l'accouchement. Dans les pays industralisés, les infections d'enfants ont pratiquement disparu.

  • Projections pessimistes pour les homosexuels dans les pays riches 

La contamination des homosexuels et bisexuels par le virus VIH est en hausse dans les pays développés. Une étude réalisée par des chercheurs de l'université de Pittsburgh, en Pennsylvanie, prévoit une forte progression de la maladie dans les années qui viennent aux Etats-Unis, Canada, Europe de l'Ouest, Australie et Nouvelle-Zélande. Aujourd'hui, parmi les homosexuels de 20 ans, 8% sont séropositifs. Quand cette génération d'homosexuels aura 30 ans, ils seront un quart à être infectés. A l'âge de 60 ans, ils seront 58%.

Le chercheur Ron Stall s'alarme notamment de l'explosion de la contamination des gays noirs américains, chez qui le taux de prolifération du virus atteint un niveau "presque incroyable". Au rythme actuel, 75% des homosexuels noirs américains aujourd'hui âgés de 20 ans seront séropositifs à 50 ans.

  • Les prisonniers, grands exclus de la lutte contre le sida

La prolifération du virus dans les prisons reste largement sous-estimée et les acteurs de la lutte antisida ont appelé à un sursaut des pouvoirs publics dans le monde entier. Les prisons sont devenues de véritables "incubateurs" pour le VIH et le sida en raison de rapports homosexuels non protégés, de tatouages faits dans des conditions hygiéniques douteuses et de l'utilisation de seringues usagées, ont déploré les chercheurs.

  • La faim empêche la guérison des malades

La faim facilite la transmission du virus et pousse femmes et adolescents à des relations sexuelles à risque. Elle pousse les hommes à migrer pour trouver du travail, ce qui répand la contamination et précarise les femmes. Dans les situations extrêmes, on voit se répandre l'usage de la prostitution et du "sexe transactionnel", a expliqué le Dr Gillespie. Les femmes y gagnent un peu d'argent pour nourrir les enfants, les filles et les garçons pour acheter les livres pour l'école.

Une personne mal nourrie sous thérapie antirétrovirale a six fois plus de chances de mourir qu'une autre, correctement nourrie, qui bénéficie du même traitement, montre une étude récente de l'Institut international de recherche sur la politique alimentaire (IFPRI). Non seulement la faim met en jeu les coûteux programmes de traitements dans ces pays, mais elle risque aussi de provoquer l'apparition de formes de résistance du virus aux médicaments actuellement employés.

  • La circoncision, une façon de limiter la transmission

La circoncision pourrait freiner l'épidémie de sida, si son efficacité est confirmée par une série d'études en cours. Deux essais menés en Ouganda et au Kenya pour étudier le lien entre la circoncision et la transmission du VIH chez l'homme viennent d'être prolongés par les autorités américaines de la santé et doivent prendre fin en juillet et septembre 2007. Déjà, en 2005, une étude financée par l'agence française de recherche sur le sida (ANRS) et menée sur 3000 hommes dans le township d'Orange Farm (Afrique du Sud) avait montré que la circoncision masculine réduisait de 60% la transmission du VIH de la femme vers l'homme.

D'après AFP

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