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Sida : des trithérapies efficaces mais trop tardives


le 04 août 2006 à 07h00
Temps de lecture
3min
sida virus vih

Crédits : INTERNE

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SciencesDix ans après leur introduction, les cocktails thérapeutiques anti-sida ont prouvé leur efficacité. Mais, selon une étude internationale, leurs effets sont partiellement contrebalancés par un dépistage et un accès au traitement plus tardifs.

Une semaine avant l'ouverture de la XVIe conférence mondiale sur le sida à Toronto (Canada), une étude montre que l'efficacité des trithérapies est partiellement contrebalancée par un dépistage et un accès au traitement plus tardifs.

"La réponse virologique, excellente, est meilleure d'année en année, signe que les ARV (anti-rétroviraux) sont aujourd'hui à la fois plus puissants et mieux tolérés", analyse le Pr Geneviève Chêne, de l'Agence nationale de recherche sur le sida (Anrs), qui a participé à ces travaux (1). Cette réponse virologique désigne l'effet des multithérapies ARV sur la charge virale, c'est-à-dire sur la quantité de virus dans le sang. En 2002-2003, 83% des patients avaient une charge virale indétectable six mois après le début du traitement contre 73% en 1997 et 58% en 1995-1996.

Mais, remarque la spécialiste, "la mise sous traitement tend à être plus tardive, ce qui peut expliquer que l'on ne voit pas d'amélioration au niveau de la progression de la maladie et de la mortalité (stable à 2%) au cours du temps". Or, précise-t-elle, "plus le nombre de lymphocytes CD4 (cellules sanguines stratégiques de la défense immunitaire et cible privilégiée du virus) est bas au commencement du traitement, plus le risque d'évolution clinique est élevé".

Le taux d'"événements cliniques" (infections opportunistes essentiellement) définissant le sida un an après le début du traitement tend ainsi à augmenter alors qu'il avait baissé en 1998 et 1999. Un phénomène qui s'explique en grande partie du fait de l'augmentation des cas de tuberculose.

Davantage de femmes et d'hétérosexuels

L'étude note aussi des évolutions significatives des populations traitées : il y a désormais moins d'homosexuels masculins (34% en 2002-2003 contre 56% en 1995-1996) et de patients infectés par injection de drogue intraveineuse (9% en 2002-2003 contre 20% en 1997). A l'inverse, la proportion d'hétérosexuels a augmenté, passant de 20% en 1995-1996 à 47% en 2002-2003. Parallèlement, le pourcentage de femmes a doublé (16% en 1995-1996 contre 32% en 2002-2003).

L'infection par le VIH concerne aujourd'hui de "nouvelles populations" ayant "visiblement accès plus tardivement au dépistage et aux soins". Cette situation tend à contrebalancer les bénéfices du traitement anti-sida, en dépit de leur efficacité, soulignent les chercheurs. "Il s'agit d'une tendance à l'échelle européenne et nord-américaine, observée dans d'autres pays industrialisés", indique le Pr Chêne.

En France, selon un rapport d'experts publié en juillet, la moitié des patients commencent leur traitement alors qu'ils ont déjà un déficit immunitaire sévère ou un sida, souvent parce qu'ils ignorent leur séropositivité au moment du diagnostic.

Une étude sur près de dix ans

L'étude, publiée samedi dans la revue médicale britannique The Lancet, porte sur 22.200 patients d'Europe (dont 5.000 pour la France) et d'Amérique du Nord. Chacun d'entre eux a reçu un premier traitement entre 1995 et 2003, contenant au moins trois anti-rétroviraux (ARV). 

(1) L'Anrs chapeaute le suivi de plus de 60.000 patients vivant avec le VIH, dont 5.000 inclus dans l'étude.

D'après AFP

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