© sxc.huQuand les chercheurs lui ont demandé de s'imaginer en train de jouer au tennis, des images du cerveau coïncidant fortement avec celles produites par des personnes saines ont été enregistrées.
Une équipe belgo-britannique a décrit ses observations sur une patiente britannique en état végétatif depuis cinq mois après un accident de la route dans la revue Science du 8 septembre. Même si cette étude ne concerne qu'un "cas unique" dont "on ne peut tirer la moindre conclusion générale", selon un spécialiste de l'Inserm, elle relance la question du niveau de conscience des patients dans un état qualifié de végétatif.
Grâce à un appareil d'imagerie par résonance magnétique, les chercheurs ont tenté de communiquer avec cette patiente de 23 ans aux yeux ouverts, mais seulement capable en théorie de mouvements réflexes. Selon eux, elle s'est révélée capable de répondre à certaines consignes.
Profil inhabituel
L'équipe de chercheurs a fait passer des examens d'imagerie cérébrale à la jeune femme ainsi qu'à 34 volontaires sains. Or quand ils leur demandaient par exemple de s'imaginer parcourir les pièces de leur maison, les réponses dans diverses zones du cerveau de la patiente et des autres personnes saines était identiques. La patiente a donc gardé "la capacité de comprendre des consignes orales et d'y répondre par son activité cérébrale, plutôt que par la parole ou des mouvements" de manière intentionnelle, estiment Adrian Owen (université de Cambridge, Royaume Uni) et des chercheurs de l'université de Liège (Belgique). Cela confirme selon eux "sans aucun doute qu'elle est consciente d'elle-même et de son environnement".
"Il est important de ne pas donner de faux espoirs, précise Steven Laureys (université de Liège), cosignataire de l'étude. Depuis dix ans, nous avons étudié 60 patients en état végétatif, et c'est la première fois que nous décelons ce type d'activité cérébrale". Même si "le fait d'avoir montré que la patiente non seulement active un réseau spécifique, mais qu'elle l'active de manière prolongée (30 secondes) est un élément extrêmement convaincant qui milite en faveur d'une forme de traitement conscient", Lionel Naccache, spécialiste de l'Inserm, souligne toutefois que la patiente a un "profil inhabituel" avec "relativement peu de lésions cérébrales par rapport à d'autres patients en état végétatif". Selon lui, cette activité inconsciente riche décelée n'est "pas suffisante pour la dire consciente".
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