Couloir d'hôpital © TF1/LCIRéussir à ralentir son pouls au repos contribue à accroître ses chances de vivre plus longtemps. C'est ce qui ressort d'une étude du Dr Xavier Jouven, à la tête d'une équipe de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et de l'Hôpital européen Georges Pompidou, à Paris (lire l'encadré ci-dessous).
Le bouche-à-bouche n'est plus recommandé en cas de crise cardiaque
Le massage cardiaque serait plus efficace sans bouche-à-bouche associé, lorsque survient la crise cardiaque.
Publié le 06/10/2010
Les hommes dont le pouls au repos a diminué de plus de 7 battements par minute (bpm) au cours de ces cinq années ont ainsi vu leur risque de mortalité abaissé de près de 20%, comparés à ceux dont la fréquence au repos était resté stable. En revanche, l'augmentation du rythme cardiaque au repos s'est traduit par un accroissement du risque de mortalité de près de 50%.
La fréquence cardiaque ou nombre de battements du coeur par minute (bpm) reflète l'effort du cœur pour adapter l'afflux de sang aux besoins du corps. On savait par de précédentes études que plus la fréquence cardiaque au repos, mesurée par la prise du pouls, est élevée, plus le risque de mortalité augmente. Mais l'étude du Dr Jouven est la première à avoir exploré la signification des changements du pouls au repos au fil du temps. "Une élévation progressive de la fréquence cardiaque de repos au cours des ans, est un signe d'alerte" qui doit être pris en considération. Même si "on ne sait pas précisément pourquoi le pouls de repos fluctue au cours du temps", relève-t-il.
Exercice et alimentation
La pratique régulière d'un exercice physique (vélo, course à pied...) est le meilleur moyen d'abaisser la fréquence cardiaque de repos. A condition, bien sûr, de pratiquer progressivement, les sédentaires devant éviter de se lancer brutalement dans des sports intensifs (squash...). Si un pouls au repos compris entre 60 et 80 bpm est considéré comme normal, les athlètes ou les sujets en excellente condition physique peuvent avoir des fréquences cardiaques de l'ordre de 40 ou 50 bpm au repos, voire de 35 à 40 bpm chez des sportifs de haut niveau. Environ 20% de ces citadins avaient un pouls au repos inférieur à 60 bpm et la même proportion un pouls de repos supérieur à 75 bpm.
"Arrêter de fumer et perdre du poids en cas de surcharge pondérale en adoptant une alimentation adaptée peut également permettre d'abaisser la fréquence cardiaque", précise le cardiologue. Les gens peuvent prendre leur pouls eux-mêmes et s'il est un peu élevé, demander conseil à leur médecin, poursuit-il. Faute de normes internationales, il préconise de mesurer le pouls au poignet pendant une minute pleine et après cinq minutes de repos allongé, comme pour la tension artérielle.
20 ans d'étude |
Présentés lors du congrès annuel de l'American Heart Association, organisé à Chicago du 12 au 15 novembre, les travaux ont porté sur 4.320 citadins âgés de 42 à 53 ans, recrutés entre 1967 et 1972, et suivis sur plus de 20 ans. Durant cette période, 1.018 décès de causes diverses ont été enregistrés. Les autres facteurs de risque (poids, tension artérielle, tabac...) ont été pris en compte. Les femmes sont absentes de l'étude car, à l'époque, le risque cardiaque était considéré comme essentiellement masculin. Mais une étude fin 2007, concernant 10.000 femmes et 10.000 hommes, permettra de corriger le tir.
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