© sxc.huLe VRX496, un rétrovirus du sida génétiquement modifié pour combattre d'autres rétrovirus responsables de cette infection, s'est révélé plus prometteur qu'attendu dans un essai clinique conduit à l'école de médecine de l'Université de Pennsylvanie. Le VRX496 a été modifié pour fonctionner comme un cheval de Troie en portant un gène empêchant la reproduction de nouveaux virus du sida.
Le test a été effectué sur cinq malades avancés, qui ne réagissaient plus à au moins deux antirétroviraux : grâce à ce virus génétiquement modifié, appelé VRX496, ils ont connu une diminution de leur charge virale et enregistré une stabilisation, voire un accroissement de leur taux de lymphocytes T. Les lymphocytes T sont des globules blancs qui organisent la réponse du système immunitaire contre les bactéries, les virus et les infections fongiques, c'est-à-dire dues à des champignons. En général, chez la plupart des personnes séropositives, le taux de lymphocytes T diminue au fil des ans.
Prudence
Cette étude, parue dans les Annales de l'Académie américaine des sciences (PNAS), montre pour la première fois qu'un virus génétiquement modifié peut être utilisé chez des humains sans danger, soulignent les chercheurs. En outre, ce virus, produit par la firme américaine VIRxSYS corp., "a donné des résultats encourageants chez certains malades pour lesquels tous les autres traitements avaient échoué", relève le Dr Carl June, qui a conduit la recherche. "L'objectif de cet essai clinique de phase un était d'établir l'innocuité et la faisabilité de ce traitement, ce qui a été fait et les résultats ont montré quelque chose de plus", indique-t-il dans un communiqué.
Cependant, met en garde le Dr Bruce Levine, co-auteur de cette recherche, "ce n'est pas parce que ce traitement génétique a donné des résultats encourageants avec un ou deux malades que cela va marcher pour tout le monde". "Nous avons encore beaucoup de travail à faire", ajoute-t-il précisant que les cinq malades de l'étude seront suivis pendant quinze ans. Un essai clinique de phase 2 est en cours avec des malades atteints du sida dont l'infection est bien contrôlée par des antirétroviraux.
La thérapie génique s'est jusqu'à présent montrée prometteuse seulement chez une petite minorité de malades. Elle a parfois eu des effets pervers provoquant des leucémies chez certains patients, faisant même un mort chez un volontaire en 1999. Quelque 40 millions de personnes sont infectées par le virus du sida dans le monde et 25 millions en sont mortes.
D'après agence
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