La mère prépare le foetus au stress de la naissance

le 15 décembre 2006 à 10h20 , mis à jour le 15 décembre 2006 à 10h33

L'ocytocine, une hormone maternelle, agit sur les neurones du fœtus en les "anesthésiant" pour atténuer le traumatisme de l'accouchement. Cette découverte française a des implications sur la prévention des accouchements prématurés.

Femme enceinte bébé nourrisson grossesse © TF1

A bien des égards, la naissance est un événement traumatisant : l'enfant est brutalement arraché à un milieu nourricier et protecteur pour se retrouver, nu et fragile, dans un monde qui n'a rien de douillet. Et dans quelles conditions ! Aussi, la mère prépare-t-elle son fœtus au stress de l'accouchement grâce à une hormone responsable des contractions. C'est ce que montre dans la revue Science une équipe de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), à l'Institut de neurobiologie de la Méditerranée (Inmed).

L'hormone en question, l'ocytocine, est fabriquée dans le cerveau de la mère, plus précisément dans l'hypothalamus. Déversée dans le sang quelques heures avant l'accouchement, elle agit sur les neurones du fœtus en les inhibant, c'est-à-dire en leur faisant subir une sorte d'anesthésie. Le cerveau du nouveau-né, dont les neurones sont en quelque sorte endormis, s'avère ainsi beaucoup plus résistant au stress de l'accouchement ainsi qu'au manque d'oxygène (anoxie) qui y est lié.

Effet neuro-protecteur

Par ailleurs, l'ocytocine "agit sur l'utérus, mais aussi sur les seins contribuant à la sortie du lait et favoriserait même le sentiment maternel", précise Yehezkel Ben-Ari, qui a dirigé l'étude menée sur des souris. "Ces résultats ont des implications sur la prévention des accouchements prématurés", ajoute-t-il. En effet, les médicaments que l'on donne à la mère pour empêcher les contractions afin d'éviter une naissance prématurée, agissent en bloquant l'hormone et pourraient donc empêcher cette protection du fœtus en cas de complications.

Les dommages qui peuvent survenir lors de la naissance peuvent affecter le développement du cerveau du nourrisson. Les complications de l'accouchement sont des causes majeures de séquelles neurologiques graves : handicap moteur, retard mental, épilepsie... "Le cerveau du fœtus n'est pas un cerveau d'adulte en miniature, sa biologie est différente et sa réaction aux médicaments aussi", précise Yehezkel Ben-Ari. Les chercheurs soulignent qu'il serait souhaitable de développer des médicaments dont l'action se limiterait au seul utérus (pour empêcher les contractions inopportunes) sans toucher à l'effet neuro-protecteur de l'hormone.

D'après agence

le 15 décembre 2006 à 10:20
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4 Commentaires

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  • Valear, le 25/01/2007 à 13h23

    Pas si loin le temps ou l'on ne se souciait ni de la douleur ni du stress des bébés, des actes médicaux réalisés sans anesthésie, on pensait que les terminaisons nerveuses des enfants n'étaient pas encore matures, foutaises. Persuadée que la grossesse et conditions de la naissance influent sur le comportement inconscient de la vie. Beau travail des chercheurs qui habilitént que le bébé est une personne

  • Micky, le 18/12/2006 à 11h33

    Que ces informations fassent réfléchir les futurs parents sur certains choix : naissance programmée par confort, péridurale, sur-médicalisation,... La nature a tout prévu, laissons-la s'exprimer autant que possible ! Un bb engage la responsabilité de nos choix bien avant sa naissance.

  • Coulet, le 15/12/2006 à 11h35

    Maybe,les gens qui naissent par césarienne sont privilégiés!...

  • Luce, le 15/12/2006 à 11h13

    Ce genre d'étude devrait inciter les professionnels de la naissance à respecter davantage le processus physiologique de la naissance. La surmédicalisation délirante de la naisance est à l'origine en France de très nombreux désordres chez les enfants.

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