© TF1A bien des égards, la naissance est un événement traumatisant : l'enfant est brutalement arraché à un milieu nourricier et protecteur pour se retrouver, nu et fragile, dans un monde qui n'a rien de douillet. Et dans quelles conditions ! Aussi, la mère prépare-t-elle son fœtus au stress de l'accouchement grâce à une hormone responsable des contractions. C'est ce que montre dans la revue Science une équipe de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), à l'Institut de neurobiologie de la Méditerranée (Inmed).
L'hormone en question, l'ocytocine, est fabriquée dans le cerveau de la mère, plus précisément dans l'hypothalamus. Déversée dans le sang quelques heures avant l'accouchement, elle agit sur les neurones du fœtus en les inhibant, c'est-à-dire en leur faisant subir une sorte d'anesthésie. Le cerveau du nouveau-né, dont les neurones sont en quelque sorte endormis, s'avère ainsi beaucoup plus résistant au stress de l'accouchement ainsi qu'au manque d'oxygène (anoxie) qui y est lié.
Effet neuro-protecteur
Par ailleurs, l'ocytocine "agit sur l'utérus, mais aussi sur les seins contribuant à la sortie du lait et favoriserait même le sentiment maternel", précise Yehezkel Ben-Ari, qui a dirigé l'étude menée sur des souris. "Ces résultats ont des implications sur la prévention des accouchements prématurés", ajoute-t-il. En effet, les médicaments que l'on donne à la mère pour empêcher les contractions afin d'éviter une naissance prématurée, agissent en bloquant l'hormone et pourraient donc empêcher cette protection du fœtus en cas de complications.
Les dommages qui peuvent survenir lors de la naissance peuvent affecter le développement du cerveau du nourrisson. Les complications de l'accouchement sont des causes majeures de séquelles neurologiques graves : handicap moteur, retard mental, épilepsie... "Le cerveau du fœtus n'est pas un cerveau d'adulte en miniature, sa biologie est différente et sa réaction aux médicaments aussi", précise Yehezkel Ben-Ari. Les chercheurs soulignent qu'il serait souhaitable de développer des médicaments dont l'action se limiterait au seul utérus (pour empêcher les contractions inopportunes) sans toucher à l'effet neuro-protecteur de l'hormone.
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




