© sxc.huLes égyptologues avaient déjà leurs doutes. La science les a confirmés : les quatre vases canopes supposés avoir contenu les entrailles embaumées du pharaon Ramsès II ne contenaient que des produits cosmétiques, de surcroit largement postérieurs à la mort du roi.
Les analyses de chromatographie (technique de séparation des substances chimiques) et de spectrométrie de masse (mesure des atomes et des molécules) menées sur deux de ces urnes par une équipe de chimistes dirigée par Jacques Connan (université Louis Pasteur de Strasbourg) ont montré que l'un d'eux avait servi à contenir un onguent à base de saindoux et d'huile végétale. "Ces résultats mettent fin à une controverse vieille d'un siècle", a relevé le chercheur, dont les travaux, repris dans les magazines britannique New Scientist et français Sciences et Avenir, doivent être publiés en juin dans la revue spécialisée Journal of archeological science.
Ces quatre vases de faïence turquoise, portant le nom du célèbre souverain et des invocations aux dieux Mut et Amon, ont longtemps été considérés comme des pièces majeures de la section d'égyptologie du Louvre. Le recours au carbone 14 a permis de dater l'un des deux échantillons analysés à 1035 avant notre ère, à 50 ans près. Ramsès, lui, est mort 1213 ans avant notre ère, soit 128 à 228 ans auparavant. L'autre échantillon, de couleur jaune orangée, était de la résine pure utilisée pour l'embaumement des morts. Il s'est révélé être encore plus récent, vers 275 avant notre ère, sous la période ptolémaïque.
Vases réutilisés
Pour Jacques Connan, ces vases ont probablement été utilisés pour conserver des cosmétiques dans le temple de Ramsès II, ce qui expliquerait la présence d'onguent et les inscriptions. Ils auraient été par la suite réutilisés comme vases canopes pour conserver les entrailles d'un dignitaire décédé.
L'origine du mythe remonte à 1906. Parce que le cartouche de Ramsès II figurait sur le vase, on en avait déduit que les jarres avaient servi à conserver les entrailles du célèbre pharaon. Mais des doutes avaient pris corps en 1985 lorsque l'examen de la momie de Ramsès II, conservée au musée du Caire, avait révélé que celle-ci contenait toujours son cœur.
D'après agence
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