• A-
  • A
  • A+
  • Version imprimable

Partager sur :

Envoyer cette page à un ami

Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.

Les restes de Jeanne d'Arc viennent d'une momie

Par Matthieu DURAND, le 04 avril 2007 à 19h00, mis à jour le 04 avril 2007 à 19:13

Les restes présumés de Jeanne d'Arc sont en fait des fragments d'une momie égyptienne, selon un médecin légiste français. Le diocèse de Tours a rappelé qu'il ne s'agit pas de "reliques".

TF1/LCI - Restes présumés de Jeanne d'Arc analysés, le 4 avril 2007Restes présumés de Jeanne d'Arc analysés, le 4 avril 2007 © TF1/LCI

"Les reliques de sainte Jeanne d'Arc ne sont pas les restes de l'héroïne française du XVe siècle (mais) un faux, réalisé avec des morceaux d'une momie égyptienne". C'est ce qu'écrit le Dr Philippe Charlier, médecin légiste à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine), dans un article à paraître jeudi dans la revue britannique Nature.

Des fragments de côte humaine apparemment brûlée, mélangés à des bouts de bois et de tissu et du pollen de pin avaient été présentés comme appartenant à la "pucelle d'Orléans" en 1867. Plusieurs recherches scientifiques réalisées au siècle dernier pour déterminer leur véritable origine avaient fourni des résultats divergents. Le Dr Charlier, selon Nature, a été mis sur la piste d'une momie grâce à plusieurs examens très originaux.

Des "nez" de grands parfumeurs (Guerlain et Jean Patou) ont décelé entre autre une odeur de vanille. Or, ce parfum est produit par "la décomposition d'un corps", comme dans le cas d'une momification, pas par sa crémation, souligne Philippe Charlier. Une analyse microscopique et chimique du fragment de côte a montré par ailleurs qu'il n'avait pas été brûlé, mais imprégné d'un "produit végétal et minéral" de couleur noire.

Pins d'Egypte

Le tissu de lin, quant à lui, a les caractéristiques de celui utilisé par les Egyptiens pour envelopper les momies. Par ailleurs, il n'y avait pas de pins en Normandie à l'époque de la mort de Jeanne d'Arc et le pollen de cette espèce d'arbre trouvé dans les reliques montre bien qu'il a été apporté. Or la résine de pin était utilisée en Egypte pour l'embaumement.

Enfin, une étude au carbone 14 a daté les restes entre les 6e et 3e siècles avant notre ère, et un examen spectrométrique des os a montré qu'ils correspondaient aux momies égyptiennes de cette période et non pas à des os brûlés. Le Dr Charlier souligne qu'au Moyen-Age, des médicaments étaient produits en Europe à partir de momies.

Le diocèse de Tours a rappelé mercredi que les restes présumés de Jeanne d'Arc, n'ont jamais été considérés "comme des reliques par l'Eglise". Et de préciser que le diocèse "d'ailleurs n'a rien à voir avec ces recherches", qui sont dues à "une initiative personnelle". Quant à l'association des Amis du vieux Chinon qui détenait les ossements, cette découverte "n'est pas une surprise". Un responsable a même déclaré : "Aucun président de l'assocation n'a affirmé que c'étaient les restes de Jeanne d'Arc".

La Pucelle d'Orléans en bref

Jeanne d'Arc, née en 1412, avait rassemblé des troupes pour combattre les occupants anglais et libérer Orléans avant d'être capturée et condamnée au bûcher en 1431 pour hérésie, à l'âge de 19 ans. Elle a été canonisée en 1920 par l'Eglise catholique.

Par Matthieu DURAND le 04 avril 2007 à 19:00
J'aime3 personne(s) ont aimé cet article
Partager sur :
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Sciences

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

    Lire tous les commentaires

         Chargement en cours...

        Mots-clés

        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        La rédaction vous recommande

        Le meilleur des émissions info de TF1 et LCI

        À ne pas manquer

        Les blogs de la rédaction

        TF1 News est sur Twitter

        logAudience