La reine Hatshepsout sous la forme d'un sphinx, au musée du Caire. © Toutankhamon Magazine (François Tonic) Le patron des antiquités égyptiennes, Zahi Hawass, a annoncé mercredi que l'une des deux dépouilles découvertes il y a un siècle dans une tombe de la Vallée des rois à Louxor avait été identifiée comme celle de la momie de la reine Hatshepsout (lire l’encadré ci-dessous).
Il confirme ainsi une information divulguée la veille par la chaîne américaine Discovery Channel sur l'identification de la momie de la reine la plus célèbre de l'Egypte pharaonique. Cette identification est intervenue à l'issue d'examens scientifiques effectués par une équipe égyptienne sur quatre momies de femmes datant du Nouvel empire, selon un document du Conseil suprême des antiquités égyptiennes (CSAE). Une molaire, trouvée dans un vase funéraire frappé du nom d'Hatshepsout dans le temple de Deir el-Bahari, correspond à la molaire manquante dans la mâchoire de la momie.
Deux momies avaient été découvertes en 1903 par l'archéologue britannique Howard Carter dans la KV60, étroite tombe de 40m2. L'une, qui se trouvait dans un sarcophage, avait été emmenée au Musée du Caire tandis que l’autre, qui reposait à terre, avait été laissée sur place. La première est en fait celle de la nourrice d'Hatchepsout ; l'autre, celle d’une femme obèse d'une cinquantaine d'années, s'est avérée être celle de la reine elle-même.
Visages martelés
"L’identification confirme ce qu’avaient établis certains égyptologues depuis de nombreuses années", commente François Tonic, rédacteur-en-chef de Toutankhamon magazine. La momie de la reine avait été retrouvée il y a une dizaine d’années lors d’une nouvelle fouille de la KV60, explique le journaliste à LCI.fr. "Il ne s’agit pas d’une tombe royale mais de celle de la nourrice, ce qui est déjà un privilège extrêmement important", souligne-t-il.
Pourquoi la momie de la pharaonne se trouvait-elle dans cette tombe et, qui plus est, à même le sol ? Le mystère reste entier. "Selon une hypothèse, Thoutmosis III, le successeur et neveu d’Hatshepsout, aurait décidé de déplacer la momie de sa tante de sa tombe royale (KV20) à celle de sa nourrice (KV60)", précise François Tonic. Par ailleurs, les visages de la Reine ainsi que les cartouches sur lesquels figure son nom avaient été "martelés" (effacés) dans les temples de Deir al Baheiri et Karnak. Une façon pour Thoutmosis III de réaffirmer son pouvoir sur le trône et d’effacer Hatshepsout de la mémoire des hommes. Une entreprise qui a partiellement échoué.
| La première femme pharaon |
Fille de Thoutmosis I, Hatshepsout régna sous la brillante 18e dynastie, au XVe siècle avant notre ère. "C'est la première reine à devenir pharaon comme un homme", pointe François Tonic. "C'était une femme forte et ambitieuse" qui fit notamment bâtir l'extraordinaire temple de Deir al Baheiri, sur la rive ouest du Nil. Beaucoup de mystères entoure cette reine, ajoute le journaliste : "On ne sait pas de quoi elle est morte, ni quand elle est morte". |
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Un chauffeur de taxi anglais momifié
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