Chris Herzfeld est photographe et philosophe des sciences. Elle a "immortalisé" quelques grands singes en captivité. Sans téléobjectif, avec un "105 mm". © Chris Herzfeld, éditions Odile JacobIntelligence suprême ou tout simplement théorie de l'évolution, la question de l'évolution de l'homme en bipède a toujours fait débat. « Le rôle d'une moindre consommation d'énergie par l'organisme pour expliquer l'évolution de l'homme en bipède est débattu depuis plusieurs décennies », indique David Raichlen, professeur d'anthropologie à l'Université d'Arizona, co-auteur de la recherche. Pourtant, la réponse est toute simple : se déplacer sur deux pieds demande beaucoup moins d'énergie que sur quatre pieds, alors pourquoi se fatiguer ?
« Peu de données existaient sur ce sujet ce qui constituait le plus grand problème pour trancher sur cette question », poursuit le chercheur américain. Les auteurs de cette recherche ont donc collecté des mesures du métabolisme et de la cinétique chez cinq chimpanzés et quatre humains adultes courant et marchant sur un tapis roulant. Sur la même distance, les humains ont brûlé un quart de l'énergie, calculée en calories, de celle consommée par les chimpanzés se déplaçant à quatre pattes. Les chimpanzés ont été entraînés également pour marcher sur deux pattes. En moyenne, ils ont utilisé le même nombre de calories quand ils avançaient sur deux ou quatre pattes, relèvent ces anthropologues.
Des petits pas consomment plus d'énergie
Les chercheurs ont toutefois observé de petites variations dans la quantité d'énergie utilisée. Des différences dues à la manière de marcher et à l'anatomie. "Nous avons pu établir une relation entre le coût énergétique de la marche et l'anatomie des chimpanzés", affirme David Raichlen. "Nous avons aussi montré pourquoi certains de ces singes peuvent marcher sur deux pattes en brûlant moins de calories que les autres", ajoute-t-il. Explications : faire de petits pas ou ne pas avoir une masse musculaire plus active fait consommer plus d'énergie. Du coup, en marchant sur deux pattes, les chimpanzés avec de plus longues enjambées ont une plus faible consommation d'énergie.
Les chercheurs ont ensuite comparé les résultats de ces observations avec des fossiles d'humanoïdes pour détecter les adaptations au cours de l'évolution ayant permis de réduire la consommation d'énergie en devenant bipèdes. « Nous avons découvert que ces adaptations, telle une légère augmentation de la longueur de l'aine chez les premiers humanoïdes, révèlent que la consommation d'énergie de l'effort a joué un rôle important dans la transformation de l'homme en bipède » concluent ces anthropologues.
D'après agence
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