Vue d'artiste du Nigersaurus Taqueti par Tyler Keillor/Photo de Mike Hettwer/ National Geographic © National Geographic/Tyler Keillor/Photo by Mike Hettwer"Le dino avec la bouche aspirateur". C'est en ces termes que National Geographic présente dans sa dernière édition la découverte de paléontologues américains, exposée depuis jeudi dans le musée du magazine, à Washington.
L'appellation scientifique de ce dinosaure sauropode (herbivore et quadrupède) est le Nigersaurus Taqueti. La première partie de son nom évoque le Niger, le pays où 80% des ossements ont été exhumés, et Taqueti est un hommage au paléontologue français Philippe Taquet, premier découvreur de l'animal en 1976.
Vieux de 110 millions d'années, le Nigersaurus était ainsi affublé d'un museau en forme de tête d'aspirateur. Du crâne à la queue, il mesurait 9 mètres de long. La hauteur de son bassin atteignait 2,4 m. Son poids était celui d'un éléphant actuel. Sa mâchoire agissait comme une paire de ciseaux de 30 centimètres de long : elle était pourvue de 500 dents au total dont un grand nombre servaient à remplacer celles perdues ou usées.
Crâne poids plume
Grâce à un CT scanner, un système d'imagerie médicale, les paléontologues ont regardé à l'intérieur du crâne de ce dinosaure et ont pu, en analysant les empreintes cérébrales laissées dans la boîte crânienne, reconstituer les postures de son corps. Contrairement à la plupart des autres dinosaures dont le museau pointait vers l'avant, celui de Nigersaurus était orienté directement vers le sol, ont expliqué les scientifiques. L'animal se comportait davantage comme une vache que comme une girafe, broutant surtout des fougères et de la prêle, de la mauvaise herbe.
La colonne vertébrale de ce dinosaure, formée de plus de vide que de matière osseuse, constitue une autre étrangeté morphologique. Les vertèbres sont tellement fines qu'il est difficile d'imaginer comment elles pouvaient résister aux tensions quotidiennes, a relevé Jeffrey Wilson, un membre de l'équipe de recherche. "Mais nous savons pourtant qu'elles fonctionnaient parfaitement", a-t-il ajouté. "Certains des os sont si fins que la lumière d'une lampe passe au travers", a déclaré à National Geographic Paul Sereno, le responsable de l'équipe. "C'est juste bizarre de penser qu'un animal qui pesait presqu'autant qu'un éléphant avait un crâne pas plus lourd qu'une plume", a-t-il souligné.
Le Nigersaurus fera l'objet d'un article dans le numéro de décembre du National Geographic intitulé "Dinosaures aberrants" avec une photo de l'animal reconstitué en couverture (cliquez ici pour découvrir quelques photos mis en ligne sur le site du magazine).
Retour MYTF1
Chargement en cours...





