Un piège à CO2 deux fois plus efficace

le 05 mai 2008 à 18h53 , mis à jour le 05 mai 2008 à 18h57

Une poudre, créée par des chercheurs français et étrangers, permet de stocker deux fois plus de ce principal gaz à effet de serre que les autres procédés existants. Parmi les applications possibles : la réduction des émissions des véhicules.

TF1/LCI Premiers bouchons sur l'autoroute A9Premiers bouchons sur l'autoroute A9 © TF1/LCI

Voici une nouvelle prometteuse dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique : des chercheurs français et étrangers ont mis au point un matériau deux fois plus efficace que ceux actuellement commercialisés pour stocker le dioxyde de carbone (CO2), principal gaz à effet de serre, a indiqué lundi le Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Des travaux qui doivent être prochainement publiés dans la revue scientifique Langmuir.

Un mètre cube de ce matériau, une poudre nommée MIL-101, est capable de retenir 400 mètres cubes de C02 grâce à des pores d'une taille de 3,5 nanomètres (un milliardième de mètre), contre une taille maximale de 2,2 nanomètres pour les produits actuellement commercialisés, précise l'organisme. Cette poudre pourrait notamment servir dans les filtres pour réduire les émissions des véhicules, a expliqué à Gérard Férey, qui dirige en France les travaux dans ce domaine à l'Institut Lavoisier.

Solides hybrides

Les travaux de l'équipe française ont de plus "permis de comprendre, expérimentalement et théoriquement, le mécanisme de fixation du CO2 dans les pores" du MIL-101. Les solides dits hybrides (à la fois organiques et inorganiques), inventés à partir de la fin des années 90, permettent de piéger ou d'emmagasiner transitoirement des gaz ou des liquides. Outre leur utilisation pour piéger le CO2, ces matériaux peuvent trouver de nombreuses applications, pour des électrodes ou encore en médecine.

"Certains de ces solides adsorbent (stockent en surface) de grandes quantités de médicaments, mais surtout les restituent linéairement pendant des durées pouvant aller jusqu'à trois semaines", selon la présentation d'une conférence que Gérard Férey doit faire mardi à l'Académie des Sciences.

L'augmentation de la concentration de CO2 dans l'atmosphère laisse présager une accélération du réchauffement climatique, avec des conséquences potentiellement catastrophiques pour les écosystèmes de la planète. La possibilité de créer des puits de carbone artificiels, en plus des océans et de la végétation dont les capacités arrivent à saturation, est une piste pour réduire les émissions polluantes.

D'après agence

le 05 mai 2008 à 18:53
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