© TF1/LCILa peau humaine abrite un écosystème bactérien étonnamment riche et diversifié, selon des travaux de chercheurs américains. La santé de la peau, une des premières lignes de défense contre les infections et les blessures, dépend d'un équilibre délicat entre les cellules qui la constituent et les millions de bactéries et autres microbes vivant à sa surface, expliquent ces chercheurs, dont l'étude paraît dans la revue américaine Science datée de vendredi.
Pour mieux comprendre cet équilibre, les Instituts nationaux américains de la santé (NIH) ont exploré le "microbiome" (ensemble des génomes des bactéries) de l'épiderme humain en séquencant l'ADN de tous les micro-organismes y ayant établi résidence, découvrant une diversité jusqu'alors insoupçonnée. Il existe également des changements considérables dans le nombre d'espèces de bactéries en fonction de leur localisation sur le corps. La localisation sur le corps est même le premier facteur de diversité.
La plus grande diversité rencontrée a ainsi été constatée sur les avant-bras, avec en moyenne 44 espèces différentes de bactéries et microbes, alors que la plus faible (19 espèces) se situe derrière les oreilles. Autre signe de la richesse de cet écosystème : les chercheurs ont déterminé l'existence de trois types de micro-environnements bactériens sur le corps. L'un est dit "huileux" (entre les sourcils, sous le nez, dans les oreilles...), l'autre "humide" (l'intérieur des narines, les aisselles...) et le dernier "sec" (intérieur de l'avant-bras, fessier...).
Prévenir les maladies de peau
"Notre travail a jeté des bases essentielles pour les chercheurs qui essaient de développer tout au moins de nouvelles et de meilleures stratégies pour traiter et prévenir des maladies de peau", souligne la Dr Julia Segre, de l'Institut national de recherche sur le génome humain (NHGRI), un organisme dépendant des NIH.
"Nous espérons que cette avancée va accélérer les efforts pour comprendre la complexité des facteurs génétiques et environnementaux responsables de l'eczéma, du psoriasis, de l'acné, de la résistance microbienne aux antibiotiques et de nombreuses autres affections de l'épiderme", ajoute-t-elle.
Pour mener à bien leurs travaux, les chercheurs ont prélevé des échantillons de peau en 20 endroits différents du corps chez 10 volontaires en bonne santé. Comme l'explique le Dr Maria Turner de l'Institut national du cancer (également dépendant des NIH), coauteur de cette recherche, "nous avons sélectionné des endroits de la peau prédisposés à certains troubles dermatologiques, dans lesquels les bactéries sont depuis longtemps soupçonnées de jouer un rôle actif".
D'après agence
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