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En 2009, le CNRS fête ses 70 ans. Créé par le prix Nobel de physique Jean Perrin, cet organisme est devenu, au fil de l'histoire, un acteur incontournable de la recherche dans tous les domaines du savoir. La génétique est l'une de ces matières phares comme le montrent notamment les travaux de Philippe Froguel.
Le médicament miracle contre l'obésité risque d'attendre
C'est un des maux du siècle, et il touche tout particulièrement les Etats-Unis : près d'un tiers des Américains sont obèses ou souffrent de surpoids. Mais il existe peu de traitements. Et un médicament anti-obésité a encore reçu un avis négatif de la part d'experts.
Publié le 16/07/2010
Sandrine, 35 ans, obèse et privée d'enfant
<b> Témoignage - </b> A l'occasion de la première Journée européenne contre l'obésité, vendredi et samedi, la jeune femme de 137 kilos raconte les discriminations qu'elle subit à cause de son poids.
Publié le 21/05/2010
LCI.fr : Quel est l'apport de la génétique dans la recherche sur l'obésité ?
Philippe Froguel : La génétique donne une idée des causes de l'obésité. Au niveau de la société, ce qui a changé, ce ne sont pas les gènes mais l'environnement. Au niveau de l'individu, on constate que certaines personnes sont plus vulnérables que d'autres aux effets de l'environnement... sinon nous serions tous obèses ! 40% des Américains ont encore un poids normal alors qu'ils vivent dans le même environnement que leurs compatriotes obèses ou en surpoids : pour ces 40%, il y a probablement un effet génétique qui joue. L'environnement n'est pas magique, il s'agit de ce que vous mangez, de l'activité physique... Il y a au moins dix causes possibles d'obésité aussi forts que la fréquentation des fast-foods : dormir peu, par exemple, est un facteur d'obésité.
LCI.fr : Pourquoi obésité et diabète sont-ils souvent associés ?
Philippe Froguel : 85% des diabétiques sont obèses mais l'inverse n'est pas vrai. Lorsqu'une personne est obèse, elle souffre d'une anomalie qui touche le métabolisme : le tissu graisseux produit de la toxicité. Cette toxicité peut entraîner une résistance à l'insuline, du diabète, des complications cardiovasculaires et/ou un cancer. Il y a 150 milliards de diabétiques dans le monde, 500 millions d'obèses et 1,5 milliard de personnes en surpoids. L'obésité est la deuxième cause de mortalité dans le monde après le tabac et avant l'alcool.
LCI.fr : Quels traitements proposer ?
Philippe Froguel : Les conseils alimentaires sont modérément efficaces car certains comportements sont difficiles à contrôler. Quand vous êtes dans un supermarché, le choix conscient n'intervient que pour 5% de votre décision. Il serait plus efficace d'intervenir auprès des industriels de l'agroalimentaire. On découvre de plus en plus le mécanisme génétique en cours dans l'obésité. Mais entre le concept de base, la découverte, et la mise au point d'un médicament, il s'écoule en général vingt ans.
Les chercheurs essaient de développer des médicaments qui agissent sur le cerveau. C'est très difficile car le cerveau a de multiples fonctions et certains traitements peuvent être dangereux. Les amphétamines sont interdites depuis 30 ans : auparavant, ces substances, qui sont un excitant du cerveau, étaient prescrits aux gens qui voulaient maigrir. Elles agissaient comme coupe-faim mais elles avaient aussi d'autres effets plus graves : accélération du rythme cardiaque, hallucination... Le traitement contre l'obésité ne passe pas nécessairement par une pilule. Cela peut être aussi de la chirurgie ou une thérapie comportementale.
| Les 70 ans du CNRS selon Philippe Froguel |
"Je travaille au CNRS depuis 15 ans. Il y a un côté foutoir dans cet organisme mais qui donne de la liberté aux chercheurs. Globalement, ceux qui y travaillent ont une bonne mentalité : c'est une chouette bande de gens qui essaient de faire mieux. J'ai constaté toutefois qu'il y a un peu de snobisme chez ceux qui font de la recherche fondamentale et qu'ils ont un peu de frilosité à faire de la recherche appliquée. Moi, je suis pour la recherche fondamentale à condition qu'elle soit de très bonne qualité. Et il ne faut pas oublier que c'est le contribuable qui paie les chercheurs [du secteur public] : c'est normal de penser davantage à lui et de rendre des comptes à la société. Donc je suis pour le CNRS mais je suis aussi pour les réformes." |
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