Image d'archives. © TF1 NewsLes efforts des pays développés pour améliorer la santé des pays pauvres en leur fournissant de plus en plus de traitements contre les maladies infectieuses accélère la résistance des microbes aux antibiotiques, met en garde un rapport publié mardi.
Au cours des dernières années, les organisations gouvernementales du monde développé et les groupes privés d'aide se sont mobilisés pour permettre aux pays pauvres de se procurer des traitements contre le paludisme, l'infection par le virus VIH responsable du sida ou encore la tuberculose, souligne l'étude du Center for Global Development, une organisation non-gouvernementale basée à Washington.
L'accès aux antirétroviraux contre le VIH (virus de l'immunodéficience humaine) a ainsi plus que décuplé et été multiplié par plus de huit pour les médicaments contre le paludisme, tandis qu'il a fortement augmenté pour les antibiotiques contre la tuberculose, précisent les auteurs du rapport.
La distribution plus abondante de ces traitements a certes sauvé de nombreuses vies mais s'est aussi accompagnée d'un accroissement de la résistance des pathogènes à ces anti-infectieux, ce qui pourrait être évité avec davantage de contrôle, ajoutent-ils. "La résistance aux antibiotiques est un phénomène naturel, mais le laxisme dans la distribution et l'utilisation des médicaments l'accélère", déplore Rachel Nugent, présidente du groupe de travail ayant préparé le rapport intitulé: "La course contre la résistance aux traitements".
La mortalité va continuer à grimper
La résistance aux anti-infectieux tue des millions d'enfants chaque année dans les pays en développement. Et depuis 2006, les organismes d'aide ont consacré plus de 1,5 milliard de dollars à de nouveaux traitements pour combattre les pathogènes devenus résistants aux antibiotiques existants.
En l'absence de mesures sérieuses, la mortalité due à la résistance aux anti-infectieux et le coût des traitements vont continuer à grimper, préviennent les experts. La résistance aux antibiotiques touche aussi les pays développés comme le montre la forte augmentation des cas d'infection avec des souches du staphylocoque doré résistantes à la méthicilline (antibiotique), appelées SARM.
La proportion des infections nosocomiales provoquées par ces souches résistantes est passée de 2% en 1974 à 22% en 1995 et 63% en 2004, selon les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies. Il est estimé que 20% des personnes infectées par ce pathogène meurent, ce qui représente 19.000 décès par an aux Etats-Unis soit davantage que pour le sida. Le rapport montre une très forte relation entre la quantité d'antibiotiques absorbée et l'émergence de la résistance microbienne, surtout dans des environnements où peu de garde-fous existent pour un usage approprié de ces médicaments et où les contrôles sont insuffisants pour vérifier leur efficacité.
Dans les pays où les populations utilisent de vastes quantités d'antibiotiques, de 75 à 90% des souches de streptocoques responsables de la pneumonie sont déjà résistantes.
Retour MYTF1
Chargement en cours...





