Agir pour le climat : "une question morale"

Par Matthieu DURAND, le 11 octobre 2006 à 06h30 , mis à jour le 11 octobre 2006 à 09h13

La conférence d'Al Gore sur le réchauffement climatique est au cœur d'"Une Vérité qui dérange", qui sort en salles mercredi. Ce documentaire pédagogique et spectaculaire donne les clés pour comprendre ce problème et trouver des solutions.

... un exemple repris par Al Gore dans "Une vérité qui dérange" (ici, devant une vue de Katrina).... un exemple repris par Al Gore dans "Une vérité qui dérange" (ici, devant une vue de Katrina). © Paramount Classics/UIP

Une Vérité qui dérange est un de ces OVNI dont le cinéma américain nous régale régulièrement. Ce documentaire sur l'impact du réchauffement climatique repose sur un one-man show qu'Al Gore a rodé sur les scènes des plus grandes villes du monde. Avec une seule conviction : la Terre court à sa perte... à moins que chacun — élus, entrepreneurs et citoyens — ne change sa manière de vivre.

Convaincre les hommes de sauver leur planète, l'ex-vice-président des Etats-Unis en a fait une affaire personnelle. Depuis plus de vingt ans, comme l'atteste le climatologue Jean Jouzel, Al Gore fréquente les plus grands chercheurs, à l'affût des études sur les ravages causés à l'environnement par les activités humaines.

Mais c'est en 1999 que le candidat malheureux à l'élection présidentielle transforme son intérêt scientifique en croisade écologique : son fils Paul, alors âgé de six ans, survit à un grave accident de voiture ; plus tard, sa sœur décède d'un cancer du poumon. "Tout a changé pour moi", explique Al Gore dans le film. Il comprend que la vie est fragile et que les hommes ont un devoir de la protéger. "Le réchauffement climatique est moins une question politique qu'une question morale", déclare-t-il.

De la foi, de la voix

Libéré de ses ambitions politiques, Al Gore décide de prêcher la bonne parole à ses concitoyens. En face-à-face. Il met donc sur pied une conférence. Ses amis chercheurs l'aident à bâtir un argumentaire ; Apple, dont il est membre du conseil d'administration, lui permet de l'illustrer en images et en graphiques. Son talent d'orateur et sa foi inébranlable dans le projet font le reste.

D'universités en salles de concert, le politicien parcourt les Etats-Unis puis le monde. L'extraordinaire efficacité de sa prestation retient l'attention de producteurs également engagés dans la protection de l'environnement. Ils n'ont pas de mal à convaincre Gore de faire un film qui lui permettra d'étendre son auditoire.

Apocalypse Now ?

A part quelques images montrant Gore vissé devant son ordinateur portable (à l'hôtel, en taxi, en avion...), goûtant aux joies de la nature dans son ranch du Tennessee ou à la rencontre d'étudiants chinois, Une Vérité qui dérange montre l'ex-vice-président présenter sa conférence. Une conférence pédagogique et spectaculaire, intelligente et pleine d'humour.

Le spectateur croit en savoir assez sur le réchauffement climatique. Al Gore lui fait prendre la mesure de son ignorance. Il remplace les estimations par des chiffres, transforme les rumeurs en certitudes, affirme, étaye, assène. Avec le calme et la conviction de celui qui sait et qui prouve ce qu'il avance.

On en ressortirait groggy et abattu devant tant d'informations alarmistes. Mais Al Gore n'est pas du genre à évoquer l'apocalypse et à pleurer. L'homme est un optimiste. Il est persuadé que chaque individu peut atténuer l'impact du réchauffement climatique. Par des gestes simples : changer d'ampoules, gonfler correctement ses pneus, éteindre ses appareils électriques, laisser sa voiture au garage... Des estimations montrent qu'avec les moyens dont nous disposons, la catastrophe peut être évitée. Le futur est entre nos mains, là, maintenant. Al Gore nous en a convaincu.

Par Matthieu DURAND le 11 octobre 2006 à 06:30
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17 Commentaires

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  • Tania, le 16/10/2006 à 12h56

    J'avais hâte de voir ce film. D'autant que les cinémas Pathé en faisaient toute une promo dans leur mensuel, se vantant d'organiser des partenariats avec l'ADEME avec film en avant-première suivi de débats sur la question... Quelle ne fut pas ma surprise mercredi dernier lorsque j'ai voulu aller voir le film ?? il n'était tout simplement pas programmé en salle.........j'ai demandé à l'ouvreuse s'il le serait ultérieurement, ce à quoi elle m'a répondu d'un air gêné que non ( visiblement je n'étais pas le première à demander...) une fois rentrée, par curiosité, j'ai feuilleté le journal pour voir où ce film était programmé sur ma ville. Nous avons 7 sites cinématographies ; et il n'est programmé que ...sur 2...dont une petite salle plutôt réservée habituellement aux films d'art et d'essais ... Alors je dis bravo ; comme le soulignait qqn au début du forum, ce film devrait être gratuit car il en appelle à la formation civique de toute personne. Non, en France, comme d'habitude, on préfère se voiler la face et surtout ne pas montrer aux gens les vrais problèmes qui se posent... Après Indigènes, qui me fait honte d'être française, je suis rassurée, on continue bien dans la même voie....

  • Jezouin, le 13/10/2006 à 16h13

    Je n'ai pas encore vu ce film: mais si il est a la hauteur des reactions, ce sera un film a diffuser gratuitement dans les salles, dans les médias audiovisuelles et surtout dans les écoles. Merci M Al Gore

  • Coulet, le 12/10/2006 à 18h57

    Finalement,nous risquons,si je comprends bien,d'être des criminels ou des suicidaires...

  • Pierre, le 12/10/2006 à 09h36

    Sami, Claude Allègre minimise à dessein la responsabilité de l'homme sur les changements climatiques, ce qui est d'autant plus choquant qu'il prétend être un homme de gauche et qu'il est un scientifique reconnu. La légèreté de ses arguments au mieux, ou les mensonges au pire décrébilise une fois encore cet homme qui ne peut exister que dans des polémiques inutiles. Je vous invite moi aussi à lire les réactions d'autres éminents spécialistes de la question.

  • Vastre, le 12/10/2006 à 01h58

    Le discours de Monsieur Gore doit être pris au sérieux. Il est assez simple et très efficace, même pour ceux qui n'ont pas eu la chance de faire des études. Suivre les conseils de Monsieur Gore est la moindre des choses que nous puissions faire pour tenter de préserver un peu notre environnement.

  • David, le 11/10/2006 à 23h45

    J'ai vu le film, excellent. Très clair, complet. A voir. On se prend à réver à une autre amérique en voyant un film de cet homme.

  • Gerald, le 11/10/2006 à 17h54

    Ah bon! si ce n'est pas de notre vivant, on continue comme avant, non ? Aussi sinistre que cette remarque puisse paraître, c'est bien ce que la majorité (pour une fois bien silencieuse) sinon pense du moins fait. Ah bon, vous avez des enfants, vous! Il faudra bien qu'ils se débrouillent comme nous l'avons fait. En leur léguant une dette de 4000 milliards d'euros -j'ai ajouté les coûts de la dépollution à celui des retraites des fonctionnaires.

  • Regis, le 11/10/2006 à 15h18

    Bonne idee mais meme si nous prenons des mesures draconienes, la situation va encore s'agraver pendant au moins 50 ans, temps necessaire pour que les pollutions au niveau du sol se retrouve dans la stratosphere (on subit actuellement la pollution des années 50...) bref, on ne verra pas l'amelioration de notre vivant, par contre on verra les catastrophes se multiplier.....

  • Thomas, le 11/10/2006 à 15h02

    A Jean Jacques de Marchiennes: a titre informatif, le vice-President des Etats Unis n'est pas un premier ministre. Son seul pouvoir repose sur son vote departiteur au Senat. Il ne peut que conseiller le President. Ce dernier choisit bien souvent son co-listier (et donc Vice President) plus en fonction de calculs electoraux qu'en fonction d'idees politiques similaires. Conclusion, Al Gore n'a pas eu les moyens de mettre en pratique ce qu'il professe.

  • Olivier, le 11/10/2006 à 14h15

    Une nouvelle fois, le debat sur la pollution devient un debat sur l'Amerique et le capitalisme. L'Amerique pollue beaucoup, c'est connu et reconnu. Produire plus, ca revient souvent (mais pas toujours!) a polluer egalement plus. Mais, de grace, ne tombons pas dans la simplification hative: lors de la chute du rideau de fer, dans quel etat etait l'environnement des pays dits "progressistes"? Sans d'etendre sur le sujet, il est clair que les pays socialistes ne sont pas exoneres de responsabilites. Avis aux alters de tous bords!!!!

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