"80% de la pollution des mers provient de la terre", selon un rapport de l'ONU publié en octobre 2006. © sxcLa mer est de plus en plus sale et ce n'est pas fini, alertent mercredi les experts du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) dans un rapport intitulé "L'état de l'environnement marin". Comme à l'habitude, le responsable est l'homme et ses activités. Près de 40% de la population mondiale vit sur une étroite bande côtière, soit 7,6% seulement de la surface de la terre. La densité, de 77 personnes/km2 en 1990, devrait y atteindre 115 en 2025.
Cette "pression démographique" provoque "une rapide détérioration des écosystèmes marins et côtiers", "à 80% liée aux activités terrestres", indique le document. Avec pour conséquences, des "dommages et destructions croissants infligés aux mangroves, barrières de corail". 90% de ces milieux sont ainsi menacés par les activités humaines en Asie du Sud-Est. La pollution affecte aussi les champs de posidonies, ces herbiers marins à vocation de nurseries pour poissons.
Situations diverses
Les spécialistes du PNUE dénoncent notamment le déversement des eaux usées et des ordures ainsi que la présence excessive d'azotes et de phosphores, issus des pratiques agricoles. Ces derniers favorisent la prolifération d'algues toxiques et créent un "nombre croissant de zones mortes, manquant d'oxygène".
La situation est nuancée selon qu'il s'agit de la mer Baltique ou de l'Atlantique Nord-Est (nette amélioration), de la Caspienne ou du Sud-Est du Pacifique (inquiétude sérieuse). Les pollutions évoquées par le PNUE touchent en particulier les régions en développement. Et les expert de souligner qu'elles nécessitent une réponse essentiellement financière.
"Bons progrès"
"L'impact environnemental et sanitaire des métaux lourds (mercure, cadmium et plomb, liés aux activités minières et industrielles) est encore mal connu", note par ailleurs le rapport. En mer Caspienne, quelque 17 tonnes de mercure et de cadmium sont ainsi déversées chaque année.
Certes, "de bons progrès" ont été enregistrés : depuis le milieu des années 80, les pollutions aux hydrocarbures ont été réduites de 90%, du fait "de significatives améliorations dans les transports maritimes". Autre motif de satisfaction, la réduction des polluants organiques persistants (PoPs: pesticides, chimiques), grâce aux mesures prises en vertu de la Convention de Stockholm (2001), ou des substances radioactives.
D'après agence
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