Fin de la garde à vue de José Bové

le 05 novembre 2006 à 21h51 , mis à jour le 08 novembre 2006 à 10h57

Le parquet avait annoncé dimanche le prolongement de la garde à vue du militant altermondialiste, entendu après la destruction d'une récolte de maïs OGM.

TF1/LCI - José Bové a l'issue de sa garde à vue, le 5 novembre 2006José Bové a l'issue de sa garde à vue, le 5 novembre 2006 © TF1/LCI

Il est sorti plus tôt que prévu. Sous les acclamations. José Bové, entendu depuis samedi après-midi par des gendarmes pour la destruction d'une récolte de maïs OGM en Gironde, est sorti de la gendarmerie de Saint-Jean-d'Illac dimanche peu après 21h et a été accueilli par une cinquantaine de militants anti-OGM. Le parquet, qui avait annoncé dimanche après-midi la prolongation de 24 heures de la garde à vue, a indiqué dans la soirée ne pas vouloir communiquer dans l'immédiat sur cette affaire.

Deux enquêtes en flagrance ont en outre été ouvertes lundi à la suite de la destruction de la récolte OGM et du coup de feu tiré par l'exploitant. Les deux enquêtes ont été "ouvertes en flagrance des chefs de dégradations aggravées et de violences avec arme", a indiqué dans un communiqué le procureur de la République de Bordeaux Bertrand de Loze.

103 participants

José Bové était entendu depuis samedi après-midi pour une opération des Faucheurs volontaires visant une exploitation agricole de Lugos, en Gironde, et au cours de laquelle 2000 tonnes de maïs OGM stockés dans un silo ont été rendues impropres à la consommation. "La seule solution raisonnable, c'était de le libérer", a commenté son avocat, Me Etelin, rappelant que le gérant de l'exploitation agricole, qui avait tiré - sans faire de blessé - lors de la manifestation, avait été remis en liberté. "Cela aurait fait apparaître une justice discriminatoire car on libère plus rapidement celui qui a utilisé un fusil", a estimé Me Etelin. Invité dimanche soir du Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro, le ministre de la Justice Pascal Clément a affirmé que cet agriculteur avait eu "un gros malaise cardiaque", ce qui expliquait sa libération.

L'avocat a par ailleurs souligné que l'opération avait été une action collective. "Ca aurait été ridicule de le faire juger pour une action commise en réunion", a-t-il estimé, indiquant que les enquêteurs avaient reçu, par le biais de José Bové, une liste nominative de 103 manifestants revendiquant leur participation à l'opération.

"Principe de précaution"

Les Verts avaient dénoncé dimanche le prolongement de la garde à vue de José Bové. Sergio Coronado, leur porte-parole, avait estimé que "la décision du parquet de Bordeaux, soumis à l'autorité de la Chancellerie, est de nature politique, prise en accord avec le gouvernement". "Rien ne la justifie vraiment si ce n'est l'acharnement contre le syndicaliste paysan et les faucheurs volontaires".

Noël Mamère avait également demandé plus tôt dans la journée la remise en liberté du leader altermondialiste. "José Bové ne fait qu'agir au nom du principe de précaution inscrit dans la Constitution à la demande du président de la République", estime Noël Mamère, pour qui "on bafoue le droit d'expression d'un syndicaliste". Le parti communiste et la Ligue communiste révolutionnaire avaient aussi demandé la libération du syndicaliste.

"Semences autorisées"

Ségolène Royal avait estimé pour sa part que la lutte de José Bové était "un bon combat" tout en se déclarant "pas favorable à l'atteinte au droit de propriété". La candidate socialiste a promis "un moratoire sur les condamnations liées aux OGM" si elle arrivait au pouvoir.

L'Association générale des producteurs de maïs (AGPM) avait dénoncé au contraire "la violence" des Faucheurs volontaires, estimant que les militants anti-OGM étaient à l'origine de la réaction de l'exploitant agricole. "L'impunité accordée aux Faucheurs, voire les mesures d'amnistie annoncées par certains politiques, sont pour nous autant d'encouragements aux Faucheurs", avait regretté le directeur de l'AGPM, Luc Esprit, rappelant que les producteurs de maïs qui "font de la culture OGM aujourd'hui en France, le font avec des semences autorisées et ne sont pas dans l'illégalité".

D'après agence

le 05 novembre 2006 à 21:51
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19 Commentaires

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  • Bianchi, le 06/11/2006 à 11h50

    Quand les médias vont-ils cesser de ne donner la parole qu'à ces "faucheurs"obscurantistes et informer le public de la réalité des ogm,à savoir une productivité accrue et moins d'engrais et de pesticides polluants?

  • Moreau, le 06/11/2006 à 11h41

    Saint José est libre, amen ! Une fois de plus il aura enfreint la loi et s'en glorifiera ... L'agriculteur - qui devra répondre avec raison de ses actes - aura peut-être la chance d'être membre d'un syndicat quelconque, et pourra alors s'appuyer sur cette appartenance syndicale pour légitimer son entorse à la Loi - position des anti-OGM qui n'étaient, somme toute, occupés qu'à détruire un an de travail de cet agriculteur. Bon, José s'est fait mousser, Noël a sorti son petit couplet en oubliant une fois encore qu'il a lui-même déjà désobéi à la Loi, les Verts ont applaudi (un autre qu'eux, ils ne s'applaudissent jamais entre eux) et Ségolène a entonné son couplet électoraliste ("je suis d'accord et pas d'accord, selon les sondages"). reste quoi à la fin ? Un agriculteur qui va être condamné (et il doit l'être) pour avoir voulu défendre sa propriéré à laquelle attentaient des extrêmistes pavoisant et que ne défendait pas la force publique, alors que tel est son rôle. Qu'on soit pro ou anti OGM importe peu : les deux positions sonr défendables, mais je ne comprends pas la bienveillance des pouvoirs publics envers quiconque exprime son opinion en sortant du cadre de la Loi (qui doit peut-être changer, ce qui est un autre débat).

  • Marcel, le 06/11/2006 à 11h30

    José bové à raison de faire se qu'il fait nous sommes pas obliger de manger de la m... Oui il faut interdire cette culture impropre à la consomation. C'est vrai que sa garde à vue était politique et rien d'autre. Marcel Ste Eulalie

  • David, le 06/11/2006 à 11h11

    Tiens c'est bizarre, aucune réaction de la part des internautes. c'est vrai que saccager le travail d'un honnete homme ca ne rentre pas dans la propagande securitaire de M.sarkozy... de plus on apprend que le propriétaire est cardiaque, que se serait-il passer s'il avait eu une crise cardiaque lorsque ces terroristes s'en sont pris a sa récolte? merci de me publier.

  • Marco, le 06/11/2006 à 11h06

    Voila un beau cas de multi-récidive (qui reste bien entendu complètement impunie) avec de plus la complicité bienveillante des médias

  • Geo, le 06/11/2006 à 10h39

    BOVE, multi-condamné, avec ses acolytes, continuant ses actes délictuels en pénétrant sur des propriétés privées et sabotant travail , produit et matériel a provoqué vives réactions du propriétaire tout à fait compréhensibles

  • Amédée, le 06/11/2006 à 10h37

    Décidément ce Bové est partout. Mais de quoi vit-il? Quelles sont ses sources de revenus? De sa ferme? Je ne connais pas d'Agriculteur qui prennent des vacances

  • Momo, le 06/11/2006 à 10h28

    Ce 68attardé devient dangereux.

  • Jean, le 06/11/2006 à 09h34

    Mais quand va t'on le laisser unr fois pour toute en taule. voila quelqu'un qui ne représente rien ( ils étaient 50 à l'attendre à sa sortie de prison ) et qui se croit au dessus des lois La propritété privée ça existe. La preuve la sienne est protégée en permanence

  • J Bregeon, le 06/11/2006 à 08h56

    Qui respecte Qui ? quand on regarde attentivement les images de la fin de la garde à vue , le départ en voiture .... bravo pour le covoiturage : la voiture est bien pleine ...... Juste une petite remarque quand meme : ca sent pas trop la pipe , et c'est quoi deja le tabagisme passif ? il fait balayer devant sa porte

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