José Bové a l'issue de sa garde à vue, le 5 novembre 2006 © TF1/LCIIl est sorti plus tôt que prévu. Sous les acclamations. José Bové, entendu depuis samedi après-midi par des gendarmes pour la destruction d'une récolte de maïs OGM en Gironde, est sorti de la gendarmerie de Saint-Jean-d'Illac dimanche peu après 21h et a été accueilli par une cinquantaine de militants anti-OGM. Le parquet, qui avait annoncé dimanche après-midi la prolongation de 24 heures de la garde à vue, a indiqué dans la soirée ne pas vouloir communiquer dans l'immédiat sur cette affaire.
Deux enquêtes en flagrance ont en outre été ouvertes lundi à la suite de la destruction de la récolte OGM et du coup de feu tiré par l'exploitant. Les deux enquêtes ont été "ouvertes en flagrance des chefs de dégradations aggravées et de violences avec arme", a indiqué dans un communiqué le procureur de la République de Bordeaux Bertrand de Loze.
103 participants
José Bové était entendu depuis samedi après-midi pour une opération des Faucheurs volontaires visant une exploitation agricole de Lugos, en Gironde, et au cours de laquelle 2000 tonnes de maïs OGM stockés dans un silo ont été rendues impropres à la consommation. "La seule solution raisonnable, c'était de le libérer", a commenté son avocat, Me Etelin, rappelant que le gérant de l'exploitation agricole, qui avait tiré - sans faire de blessé - lors de la manifestation, avait été remis en liberté. "Cela aurait fait apparaître une justice discriminatoire car on libère plus rapidement celui qui a utilisé un fusil", a estimé Me Etelin. Invité dimanche soir du Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro, le ministre de la Justice Pascal Clément a affirmé que cet agriculteur avait eu "un gros malaise cardiaque", ce qui expliquait sa libération.
L'avocat a par ailleurs souligné que l'opération avait été une action collective. "Ca aurait été ridicule de le faire juger pour une action commise en réunion", a-t-il estimé, indiquant que les enquêteurs avaient reçu, par le biais de José Bové, une liste nominative de 103 manifestants revendiquant leur participation à l'opération.
"Principe de précaution"
Les Verts avaient dénoncé dimanche le prolongement de la garde à vue de José Bové. Sergio Coronado, leur porte-parole, avait estimé que "la décision du parquet de Bordeaux, soumis à l'autorité de la Chancellerie, est de nature politique, prise en accord avec le gouvernement". "Rien ne la justifie vraiment si ce n'est l'acharnement contre le syndicaliste paysan et les faucheurs volontaires".
Noël Mamère avait également demandé plus tôt dans la journée la remise en liberté du leader altermondialiste. "José Bové ne fait qu'agir au nom du principe de précaution inscrit dans la Constitution à la demande du président de la République", estime Noël Mamère, pour qui "on bafoue le droit d'expression d'un syndicaliste". Le parti communiste et la Ligue communiste révolutionnaire avaient aussi demandé la libération du syndicaliste.
"Semences autorisées"
Ségolène Royal avait estimé pour sa part que la lutte de José Bové était "un bon combat" tout en se déclarant "pas favorable à l'atteinte au droit de propriété". La candidate socialiste a promis "un moratoire sur les condamnations liées aux OGM" si elle arrivait au pouvoir.
L'Association générale des producteurs de maïs (AGPM) avait dénoncé au contraire "la violence" des Faucheurs volontaires, estimant que les militants anti-OGM étaient à l'origine de la réaction de l'exploitant agricole. "L'impunité accordée aux Faucheurs, voire les mesures d'amnistie annoncées par certains politiques, sont pour nous autant d'encouragements aux Faucheurs", avait regretté le directeur de l'AGPM, Luc Esprit, rappelant que les producteurs de maïs qui "font de la culture OGM aujourd'hui en France, le font avec des semences autorisées et ne sont pas dans l'illégalité".
D'après agence
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