Les "petits pas" de Nairobi

le 18 novembre 2006 à 08h41 , mis à jour le 18 novembre 2006 à 09h23

Les participants de la conférence sur le climat ont décidé de lancer en 2008 la révision du protocole de Kyoto.

TF1/LCI : La conférence de Nairobi sur le climatLa conférence de Nairobi sur le climat © TF1/LCI

Peut mieux faire. Les experts "climat" des ONG ont accueilli sans enthousiasme les conclusions de la conférence de Nairobi, dont ils ont souligné le manque d'ambition. Ils ont toutefois salué les "petits pas" accomplis. La communauté internationale s'est en effet accordée vendredi, au terme de pénibles tractations, pour lancer les discussions sur l'avenir du protocole de Kyoto et garantir, sans les chiffrer, la poursuite de ses efforts contre le réchauffement climatique. Le protocole de Kyoto de lutte contre l'effet de serre expirant dans sa forme actuelle en 2012, il revenait à la conférence climat de Nairobi d'entamer sa révision... ce qu'elle fera à partir de 2008.

Depuis son ouverture le 6 novembre, ses quelque 6000 participants, dont plusieurs dizaines de ministres de l'Environnement, ont dressé un constat d'urgence sur le changement climatique. Pour le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, venu les mettre en garde mercredi, le phénomène constitue désormais "une menace à la paix et à la sécurité comparable aux conflits, à la pauvreté et à la prolifération des armes".

Propositions et réticences pour lutter contre les gaz à effet de serre

Pour y répondre, les pays industrialisés, européens notamment, ont souhaité un examen "de fond" du protocole, qui prendra notamment en compte les dernières prévisions du groupe intergouvernemental d'experts sur le climat mandaté par l'Onu (Giec), attendues début 2007. Réunis au sein d'un Groupe de travail spécial, ils se sont d'ailleurs accordés sur la nécessité de "réduire bien en-dessous de 50%" les émissions de gaz à effet de serre (GES) par rapport à ceux de 2000. Mais il faut aussi boucler rapidement le nouveau Kyoto, si possible en 2009, afin de l'ouvrir à la ratification à temps pour son entrée en vigueur au 1er janvier 2013 et éviter un vide.

En vertu de la première période d'engagement de Kyoto (2008-2012), seuls les pays "riches" sont soumis à des contraintes de réduction de leurs émissions de GES. Ils ont bien fait valoir à Nairobi qu'ils "n'y arriveraient pas seuls". Mais les pays en développement - Chine et Arabie saoudite en tête - qui craignaient que des objectifs d'émissions ne leur soient assignés au détriment de leur croissance, ont refusé toute référence à quelle que "forme d'engagement" que ce soit. Une proposition russe "d'engagements volontaires", jugée hasardeuse par beaucoup, a été par ailleurs renvoyée à examen à 2007.

En matière de développement, la conférence a décidé, avec le soutien des agences de l'Onu, de poursuivre l'exploration de nouveaux dispositifs favorisant une meilleure répartition des mécanismes de développement propre prévus par Kyoto, notamment au profit de l'Afrique. La déforestation dans les pays en développement - qui représente près de 24% des émissions totales de GES dans le monde (contre 14% pour les transports) - a été prise en compte... mais la décision renvoyée à 2007, et un atelier début 2007 envisagera la mise en oeuvre d'outils incitatifs ou récompensant les efforts de préservation des forêts.

D'après agence

le 18 novembre 2006 à 08:41
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