La banquise de l'Arctique pourrait disparaître lors d'un été d'ici à 2040. © UCAR| Les images de la fonte de la banquise par l'Université McGill à Montréal |
Nouvelle conséquence alarmante du réchauffement climatique : la glace qui recouvre l'Océan Arctique pourrait complètement disparaître durant l'été d'ici à 2040. Selon des chercheurs du Centre américain pour la recherche atmosphérique (NCAR), de l'université américaine de Washington et de l'université canadienne McGill, seulement une petite portion de la glace pérenne arctique se maintiendrait sur la côte nord du Groenland et du Canada durant les mois d'été.
L'étude, publiée mardi dans la revue Geophysical Research Letters, analyse l'impact des émissions de gaz à effet de serre sur l'océan Arctique. Les modèles informatiques indiquent que, si les gaz à effet de serre continuent de s'accumuler au rythme actuel, la couverture de glace connaîtra des périodes de stabilité relative suivies de retraits abrupts. L'une des 15 simulations réalisées montre que la couche de glace, dont l'épaisseur est calculée chaque année en septembre, pourrait diminuer si abruptement que, d'ici une vingtaine d'années, elle disparaîtrait à un rythme quatre fois plus élevé que tout ce qu'on a pu enregistrer depuis que les données sont consignées.
Impact sur le climat mondial
"L'eau en haute mer absorbe les rayons du soleil plus facilement que la glace et voilà pourquoi plus la glace disparaît, plus le réchauffement s'accentue", explique Bruno Tremblay du Département de sciences atmosphériques et océaniques de l'Université McGill. Les chercheurs craignent par ailleurs que le changement climatique détourne les courants marins pour faire aboutir des courants plus chauds dans l'Arctique.
Cette fonte brutale devrait avoir un impact profond sur le réchauffement global de la planète. Avec pour conséquence un grave impact sur l'équilibre écologique de la région et pour l'habitat de certaines espèces, comme l'ours polaire qui a besoin d'une banquise pour survivre et chasser ses proies.
Pour autant, le pire peut encore être évité. Les scientifiques "concluent que si on parvenait à réduire les émissions de dioxyde de carbone et d'autres gaz à effet de serre, la perte de glace serait moins grande et la glace de mer fondrait en été à un rythme beaucoup plus lent".
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