© sxc.huLCI.fr : Les températures particulièrement douces de cet automne ont-elles un effet sur les migrations d'oiseaux ?
Michel Métais (1) : Oui, en bonne partie, notamment sur les oies, les canards, les grues et les cygnes. Si les conditions sont bonnes, ils ne bougent pas et ils pourraient passer l'hiver en Europe du Nord. A l'inverse, d'autres espèces plus petites, comme les passereaux, les martinets et les hirondelles, ont une horloge interne qui fait que leur instinct de migration est beaucoup plus mécanique.
LCI.fr : Quelles sont les conséquences de ce retard ou de cette absence de migrations ?
M. M. : Bonnes dans le sens où les oiseaux migrateurs qui n'iront pas jusqu'en Afrique auront de meilleurs taux de reproduction — des études l'ont prouvé — car les oiseaux "pompent" beaucoup d'énergie au printemps, lors de leur voyage de retour. Mais si l'hiver arrive plus tardivement et plus sévèrement, ils vont souffrir davantage du froid et devront partir contre leur gré. Les hérons blancs et les aigrettes nichent de plus en plus vers le Nord ; or, ils sont très sensibles au froid.
LCI.fr : Si les oiseaux ne migrent pas, ne vont-ils pas aussi souffrir de la faim ?
M. M. : Si les oiseaux ne partent pas, c'est que leurs conditions d'alimentation sont bonnes. Leurs besoins sont simples : dormir, manger et faire leur toilette. Les oiseaux hibernent à leur manière, en faisant très peu d'activité. Ils ne risquent donc pas de connaître des problèmes de surpopulation.
LCI.fr : Cet hiver en France, verra-t-on donc plus ou moins d'oiseaux migrateurs que d'habitude ?
M. M. : Il y aura un appauvrissement d'observation. Les ornithologues aiment voir des oiseaux typés et rares en provenance d'Europe du Nord, comme les grives et les pinsons du Nord. Cette année, il y a peu de chance que l'on en aperçoive. En revanche, les cigognes sont restées en France ; on peut même parler d'un hivernage exceptionnel.
(1) Michel Métais est directeur de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO).
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