La Tour Eiffel, le 1 février 2007 à 19h55 © LCI"5 minutes de répit pour la planète". Entre 19h55 et 20h, jeudi 1er février, un collectif d'associations environnementales, l'Alliance pour la planète, appellait particuliers comme institutions à couper l'électricité. Avec cette opération, l'association entendait rappeler aux candidats à l'élection présidentielle "que le changement climatique est un sujet qui doit peser dans le débat politique". Cette initiative visait à coïncider avec la publication jeudi à Paris du rapport du groupe d'experts des Nations unies sur l'évolution du climat (Giec), et le lendemain, avec l'inauguration par Jacques Chirac de la conférence mondiale sur l'environnement.
Nicolas Hulot, qui organisait mercredi la cérémonie de signature de son "Pacte écologique" par dix candidats à l'élection présidentielle, a estimé qu'il s'agissait d'un geste "symbolique". L'animateur a ensuite exhorté les Français à participer à cette opération, estimant qu'elle permettait "une fois encore d'incarner notre disponibilité pour la mutation écologique". L'appel a aussi été entendu par la Ville de Paris, qui s'associe à l'opération : la Tour Eiffel a cessé ses illuminations pendant ces 5 minutes, de même que de nombreux monuments à Paris et en régions - la basilique de Fourvière à Lyon, Notre-Dame-de-la-Garde à Marseille, l'Arc de triomphe à Montpellier, la place du Capitole à Toulouse, la cathédrale de Reims, l'hôtel de ville d'Amiens...
"Symbolique forte"
Le 15 mars 1977, une expérience semblable avait été menée : Roger Gicquel, le présentateur du 20h, a invité les téléspectateurs à éteindre leurs appareils électriques (regardez la vidéo). Le résultat était alors visible, comme l'a expliqué le journaliste Michel Chevallet.
L'Alliance pour la planète précise que les lumières ont été choisies "pour leur symbolique forte. Ce n'est pas leur faible consommation qui va changer les choses. Ce n'est qu'un signal visible". L'opération a été lancée en décembre dernier, par l'envoi massif de mails, invitant les internautes à participer. "Nous recevons des réponses de Belgique, de Suisse, du Luxembourg. Notre site internet et notre standard sont saturés", se félicite le collectif. Monaco, Andorre et Brésil étaient également concernés.
Quel impact ?
Certains internautes de LCI.fr évoquent pour 20h un pic de consommation entraînant un risque de panne ou le recours à de l'électricité produite par des centrales à charbon, donc polluantes. Au service de presse du Réseau de transport d'électricité (RTE), contacté par LCI.fr, on indique que cette opération "est très difficile à estimer" : "Elle peut provoquer une variation brutale de la consommation à la baisse puis à la hausse donc ce n'est pas sans risque".
"Même si un million de personnes cessaient toute consommation électrique à 19h55 précises et recouraient massivement à l'électricité dès 20h00, la chute des consommations se limiterait à moins d'un millier de mégawatts, soit moins de 1,5% de la consommation française, baisse totalement gérable pour RTE", assure l'association Agir pour l'environnement. Le RTE devrait donner une première indication jeudi, vers 20h30.
Jean-Marc Jancovici, expert des problématiques climat-énergie, a fait remarquer que "5 minutes d'éclairage d'un foyer ne représente que 5 à 10 grammes de CO2 environ", alors qu'un km en voiture représente 200 gr d'émissions. "La mesure proposée économise l'équivalent de 50 mètres en voiture par foyer", souligne-t-il en suggèrant plutôt une "journée sans voiture" (8 kg économisés par véhicule resté au garage) ou une "journée sans chauffage" (20 à 40 kg de CO2 en moins pour un logement de 100 m2 chauffé au gaz).
D'après agence
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