© sxc.huUn nouveau séisme de magnitude 3,2 sur l'échelle de Richter a secoué la région de Bâle, dans le Nord de la Suisse, mardi à 1h09 du matin. Peu de dégâts sont à craindre, a indiqué le Service sismologique suisse. Mais cette secousse semble liée comme trois autres intervenues depuis cinq semaines, à la construction de la première centrale géothermique de Suisse.
Les travaux génèrent des séismes à la suite de l'injection d'eau pressurisée à 5 km de profondeur, a indiqué l'organisme officiel suisse. Le 8 décembre, un premier séisme de magnitude 3,4, qui n'avait pas fait de dégâts, avait provoqué une vive émotion dans la région ainsi qu'en Alsace. Une réplique de magnitude 2,5 avait aussi été ressentie le 15 décembre puis une de 3,1 le 6 janvier. Les responsables de la société de Geopower chargée du projet ont reconnu le mois dernier que l'installation était la cause du premier séisme. Ils ont annoncé la suspension des travaux.
Côté français, Jean Ueberschlag, député-maire UMP de Saint-Louis (Haut-Rhin), a exigé l'arrêt définitif des "expériences" géothermiques à Bâle, responsables selon lui de nombreux dégâts aux biens. "On n'a pas le droit de jouer à pile ou face la sécurité de nos populations", a-t-il écrit la semaine dernière dans une lettre au préfet du Haut-Rhin et aux autorités suisses.
"Parfaitement connu"
Ces secousses provoquées par l'activité humaine sont connues sous le terme de séismes induits. "Le phénomène est parfaitement connu", explique à LCI.fr Michel Cara, directeur de l'Ecole et Observatoire des sciences de la Terre de Strasbourg. "Il se produit à chaque fois que l'on injecte sous pression des fluides dans des sous-sols, lors de la mise en eau de barrage, de l'exploitation d'un champs d'hydrocarbures ou d'une mine, poursuit-il. La circulation des fluides dans les milieux sous contraintes déstabilise l'équilibre de la zone." Ces séismes induits peuvent donc intervenir dans des zones qui ne sont pas sismiques, comme dans le Nord de la Hollande où l'exploitation des champs de gaz de la Mer du Nord provoque régulièrement des secousses.
Malgré la faiblesse des secousses, l'émotion dans la région est forte car Bâle a été le centre en 1356 du plus grand séisme connu au nord des Alpes, suivi d'un gigantesque incendie. Pour autant, il n'est "pas évident", selon Michel Cara, qu'un séisme induit provoque un séisme plus important. La distance entre la centrale de Bâle et la faille à l'origine de la catastrophe de 1356 est "assez grande", assure-t-il.
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