Climat : les experts face à un "risque majeur"

le 29 janvier 2007 à 06h56 , mis à jour le 29 janvier 2007 à 22h15

"La lutte contre le changement climatique ne relève plus du principe de précaution mais du principe de prévention", a souligné un expert.

TF1-LCI climat GreenpeaceBanderole déployée à Paris par Greenpeace le 29 janvier 2007 au premier jour d'une conférence internationale sur le climat. © Greenpeace France

Greenpeace a voulu saluer de façon spectaculaire l'ouverture, lundi à Paris, de la conférence internationale sur le climat : pour l'occasion, une banderole géante a été déployée au deuxième étage de la Tour Eiffel (voir photo d'ouverture). Proclamant "It's not too late"("Il n'est pas trop tard"), au-dessus du logo de l'organisation de défense de l'environnement, elle appelle à une prise de conscience collective, alors même que près de 500 experts sont réunis pour la semaine dans les locaux parisiens de l'Unesco pour rendre leur verdict sur le réchauffement qui menace la planète.

Les délégués du Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) sont chargés de rédiger pour vendredi un "résumé à l'intention des décideurs", synthèse en une dizaine de pages des quelque mille pages de leur 4e rapport scientifique. Ce texte sera négocié ligne à ligne avant d'être adopté par consensus et présenté le 2 février. Jacques Chirac a profité de la venue à Paris de ces experts pour organiser une conférence internationale sur l'environnement, qui s'ouvrira dans la foulée jusqu'au 3 février.

"Le doute est souvent l'alibi de l'inaction"

"Le travail du Giec est sans équivalent dans d'autres domaines de notre société", a souligné lors de la cérémonie d'ouverture le représentant français, Christian Brodhag. "Le huis clos (dans lequel entrent les délégués pour quatre jours) est un gage de sérénité, même s'il peut aussi renforcer la méfiance", a-t-il ajouté. Le délégué français a souligné que le changement climatique était désormais une réalité, et que "le doute est souvent l'alibi de l'inaction". "La lutte contre le changement climatique ne relève plus du principe de précaution mais du principe de prévention". 

Le président du Giec, Rajendra Pachauri, a estimé que le nouveau rapport verra "des lacunes comblées, des incertitudes réduites et une idée plus précise des valeurs et des variables du climat", avec un indice de probabilité et un degré de confiance affirmés par rapport à l'édition précédente. "Depuis la création du Giec (en 1988), une génération entière est née qui a déjà expérimenté des modifications et des extrêmes (climatiques) dans sa vie de tous les jours", a fait valoir le numéro deux de l'Organisation météorologique mondiale (OMM), Jeremiah Lengoasa.

Affiner les prévisions

Le réchauffement ne fait plus de doute et la rapidité du processus constitue "un risque majeur" pour la planète, a résumé Hervé Le Treut, climatologue français qui participe aux travaux. "A scénario donné, on note une assez forte stabilité de la réponse scientifique. Chaque période qui passe renforce les conclusions de la précédente", ajoute-t-il.

En 2001, le Giec s'était accordé sur une hausse possible des températures moyennes de la planète de +1,4° à +5,8°C d'ici 2100 par rapport à 1990, selon les scénarios socio-économiques envisagés. Sa nouvelle édition pourrait affiner les prévisions, et les accompagner d'indice de confiance plus élevés, du fait de l'amélioration des connaissances. Elle devrait aussi prendre en compte les effets d'amplification qui pourraient découler de la modification de la végétation, de la fonte des glaces et du réchauffement des océans.

L'impact des expertises du Giec

Le 4e rapport du Giec, élaboré à partir de plusieurs milliers d'études publiées depuis 2001, a mobilisé depuis plus de deux ans 2500 chercheurs - rédacteurs, contributeurs, relecteurs, éditeurs - pour une évaluation croisée des données et de leur interprétation qui fondera la riposte des dirigeants politiques. Le Giec, créé en 1988 par les Nations unies et l'Organisation météorologique mondiale, a précisément cette vocation d'être "une courroie de transmission" entre le monde de la recherche et celui des décideurs. Ses rapports, qui constituent la plus vaste expertise possible sur le sujet, sont reconnus par les 192 Etats membres de l'Onu.

Sur la foi de ses premiers travaux, la communauté internationale a élaboré en 1992 la Convention de l'Onu sur le changement climatique puis, en 1997, le Protocole de Kyoto de lutte contre l'effet de serre. Les gaz à effet de serre, au premier rang desquels le dioxyde de carbone émis par la combustion des énergies fossiles, sont incriminés dans le réchauffement de la planète qu'ils enserrent comme un casque chauffant. Le thermomètre mondial a gagné 0,8° depuis le début du 19e siècle avec une nette accélération au cours des 30 dernières années, que les scientifiques imputent avec de plus en plus de certitude aux gaz à effet de serre principalement émis par les énergies fossiles (gaz, pétrole, charbon).

D'après agence

le 29 janvier 2007 à 06:56
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38 Commentaires

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  • Js, le 30/01/2007 à 15h02

    Vive le catastrophisme mondial! cela permet aux fonctionnaires de tous les pays de s'unir pour imposer leur pouvoir absolu aux masses désoeuvrées et tellement polluantes! Les experts subventionnés découvrent (oh! stupéfaction!) ce que les officines mondialistes leur ont demandé de découvrir. Miracle du gouvernement mondial totalitaire!

  • Dominique, le 30/01/2007 à 14h41

    Comme dit si bien le proverbe : "Le pire ennemi de l'Homme, c'est l'Homme". J'ai peur de l'avenir pour mes enfants, leurs enfants et leur déscendance. La Terre va mal et que ce soit à cause des Hommes et du cycle de la nature, l'avenir ne présage rien de bon. Ca me fout le cafard...allez je vais aller un peu rire. Merci de me publier.

  • Julien, le 30/01/2007 à 12h32

    Les français commencent à prendre conscience du réchauffemnt climatique, bien tard me dirais vous.Cela aurais du déja se produire il y a des milliers d'années.Maintenant on ne peut plus faire grand chose, le mal est fait et cela ne va pas s'arranger. Quand on voit que même nos politiques balaçent des sommes folles pour d'autre Pays ils feraient bien de s'occuper de notre Pauvre France.C'est aux gouvernement de tel et tel Pays d'agir aussi.Ma fois, Quelle triste sort la Terre nous réserve.La réponse très bientôt......

  • Bernard, le 30/01/2007 à 11h49

    Qui a dit : "si on mettait tout l'argent investi dans les éoliennes, dans l'isolation des logements, on gagnerait vingt fois plus de CO2" ? Jean-Marc Jancovici conseiller de Nicolas Hulot.

  • Robert, le 30/01/2007 à 09h39

    Une solution qui sera longue consisterait à ne plus accepter définitivement que les actuels propriétaires de logements proposent eux mêmes le prix de vente de leurs biens immobiliers lorsqu'ils décident de revendre mais que celui ci soit défini par le prix d'achat initial augmenté de seulement des factures de travaux de remise en état pendant l'occupation des lieux par l'ancien propriétaire et uniquement ces factures-là. Cela permettrait de ne plus avoir des biens immobiliers vendus à des prix exhorbitants au bout de peu d'années d'utilisation (on voit frequemment entre 2 et 400% d'augmentation en moins de 10 ans d'occupation alors que quasiment aucun travaux de remise en état n'a été effectué dans beaucoup de cas). L'exode des populations loin des grandes villes à cause des prix de l'immobilier des grandes villes contribue grandement à la pollution inutile de la planète, et croyez moi, si une nouvelle loi sur la tarification honnête des logements était enfin mise à jour, elle permettrait enfin de commencer à entrevoir un petit espoir de retour à la normale en diminuant la pollution inutile et journalière de notre planète. Les anti-touts peuvent s'élever comme ils le font systématiquement, mais cette logique de coût de l'immobilier restera la seule solution pour s'en sortir vraiment et ce n'est surement la vue d'un matelas de billets de banque à chaque revente immobilière qui ramènera l'oxygène dans nos poumons. Nous passons notre vie à nous déplacer en voiture de plus en plus loin alors que nous pourrions utiliser nos pieds ou un vélo si l'on réfléchissait un peu plus. Personnellement, je fais 60km par jour depuis des années , pour aller travailler pour fuir des logements vendus 3 fois plus chers que par chez moi, trouvez vous cela normal ?

  • Mikael, le 30/01/2007 à 08h49

    Rp, Ceret ton raisonnement est faux: La vapeur d'eau contribuant à l'effet de serre NATUREL(ca. 60%)fait partie intégrante du cycle naturel de l'eau sur terre. C'est en grande partie grace à elle que l'on vit dans une atmosphère de moyenne 15 °C au lieu de -15°C. Ce n'est donc pas un GES de source anthropogène, ce qui explique également qu'il ne soit pas thématisé dans le protocole de Kyoto. À l'inverse, le CO2 ou le CH4 (28 fois plus puissant que le CO2) sont des gazs imputables à l'activité de l'homme, et c'est bien là où se situe le problème.

  • Patrick, le 30/01/2007 à 07h22

    Bonjour qu'on fait les ecolos français pour notre pays rien a part rouspeter et se tirer dans les pattes pour savoir qui se presenterai aux elections alors faisont d'abord chez nous apres on pourra discuter

  • Bylliboy, le 29/01/2007 à 23h08

    Et dire que les plus grands polueurs de la planete sont nos cheres et tendres vaches à cause de leurs pets, de leurs flatulances. y a t il un remede à ca?? Ces betes si gentilles qui nourrissent la planete entiere... la vache!! c dur non?

  • Ventadour, le 29/01/2007 à 22h24

    Trop tard ! Le phénomène s'accélère bien plus vite que prévu.C'est le fruit de l'arrogance de l'homme moderne depuis deux siècles.

  • Jean-Emile, le 29/01/2007 à 19h51

    Je viens de lire les réactions des internautes, des plus utopiques (prix unique mondial de l'immobilier fixé sans doute par un état mondial ?), jusqu'aux nombreuses réflexions de bon sens... Il est vain d'espérer remonter le temps, cela n'arrive qu'avec la chute des civilisations. Sans doute, hélas, l'augmentation de la population mondiale connaîtra-t-elle ce mode de régulation ! Avant-hier, j'ai croisé dans la rue d'une grande ville française, un plombier à mobylette tractant une remorque chargée de son échelle, de sa caisse à outils et d'une couronne de cuivre. C'est sans doute une bonne formule, mais on peut toujours rêver que ce mode de vie soit adopté par tout le monde. Alors, attendons que la "régulation forcée" arrive, par exemple un cataclysme du genre de ceux qui ont entraîné la disparition des dynosaures, les périodes glaciaires, etc.. antérieures à l'apparition de l'homme où le CO2 de nos voitures ou des élevages bovins étaient absents... Sans ces cataclysmes, la terre serait peut-être menacée par une surpopulation de... dynosaures ?

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