Banderole déployée à Paris par Greenpeace le 29 janvier 2007 au premier jour d'une conférence internationale sur le climat. © Greenpeace FranceGreenpeace a voulu saluer de façon spectaculaire l'ouverture, lundi à Paris, de la conférence internationale sur le climat : pour l'occasion, une banderole géante a été déployée au deuxième étage de la Tour Eiffel (voir photo d'ouverture). Proclamant "It's not too late"("Il n'est pas trop tard"), au-dessus du logo de l'organisation de défense de l'environnement, elle appelle à une prise de conscience collective, alors même que près de 500 experts sont réunis pour la semaine dans les locaux parisiens de l'Unesco pour rendre leur verdict sur le réchauffement qui menace la planète.
Les délégués du Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) sont chargés de rédiger pour vendredi un "résumé à l'intention des décideurs", synthèse en une dizaine de pages des quelque mille pages de leur 4e rapport scientifique. Ce texte sera négocié ligne à ligne avant d'être adopté par consensus et présenté le 2 février. Jacques Chirac a profité de la venue à Paris de ces experts pour organiser une conférence internationale sur l'environnement, qui s'ouvrira dans la foulée jusqu'au 3 février.
"Le doute est souvent l'alibi de l'inaction"
"Le travail du Giec est sans équivalent dans d'autres domaines de notre société", a souligné lors de la cérémonie d'ouverture le représentant français, Christian Brodhag. "Le huis clos (dans lequel entrent les délégués pour quatre jours) est un gage de sérénité, même s'il peut aussi renforcer la méfiance", a-t-il ajouté. Le délégué français a souligné que le changement climatique était désormais une réalité, et que "le doute est souvent l'alibi de l'inaction". "La lutte contre le changement climatique ne relève plus du principe de précaution mais du principe de prévention".
Le président du Giec, Rajendra Pachauri, a estimé que le nouveau rapport verra "des lacunes comblées, des incertitudes réduites et une idée plus précise des valeurs et des variables du climat", avec un indice de probabilité et un degré de confiance affirmés par rapport à l'édition précédente. "Depuis la création du Giec (en 1988), une génération entière est née qui a déjà expérimenté des modifications et des extrêmes (climatiques) dans sa vie de tous les jours", a fait valoir le numéro deux de l'Organisation météorologique mondiale (OMM), Jeremiah Lengoasa.
Affiner les prévisions
Le réchauffement ne fait plus de doute et la rapidité du processus constitue "un risque majeur" pour la planète, a résumé Hervé Le Treut, climatologue français qui participe aux travaux. "A scénario donné, on note une assez forte stabilité de la réponse scientifique. Chaque période qui passe renforce les conclusions de la précédente", ajoute-t-il.
En 2001, le Giec s'était accordé sur une hausse possible des températures moyennes de la planète de +1,4° à +5,8°C d'ici 2100 par rapport à 1990, selon les scénarios socio-économiques envisagés. Sa nouvelle édition pourrait affiner les prévisions, et les accompagner d'indice de confiance plus élevés, du fait de l'amélioration des connaissances. Elle devrait aussi prendre en compte les effets d'amplification qui pourraient découler de la modification de la végétation, de la fonte des glaces et du réchauffement des océans.
L'impact des expertises du Giec
Le 4e rapport du Giec, élaboré à partir de plusieurs milliers d'études publiées depuis 2001, a mobilisé depuis plus de deux ans 2500 chercheurs - rédacteurs, contributeurs, relecteurs, éditeurs - pour une évaluation croisée des données et de leur interprétation qui fondera la riposte des dirigeants politiques. Le Giec, créé en 1988 par les Nations unies et l'Organisation météorologique mondiale, a précisément cette vocation d'être "une courroie de transmission" entre le monde de la recherche et celui des décideurs. Ses rapports, qui constituent la plus vaste expertise possible sur le sujet, sont reconnus par les 192 Etats membres de l'Onu.
Sur la foi de ses premiers travaux, la communauté internationale a élaboré en 1992 la Convention de l'Onu sur le changement climatique puis, en 1997, le Protocole de Kyoto de lutte contre l'effet de serre. Les gaz à effet de serre, au premier rang desquels le dioxyde de carbone émis par la combustion des énergies fossiles, sont incriminés dans le réchauffement de la planète qu'ils enserrent comme un casque chauffant. Le thermomètre mondial a gagné 0,8° depuis le début du 19e siècle avec une nette accélération au cours des 30 dernières années, que les scientifiques imputent avec de plus en plus de certitude aux gaz à effet de serre principalement émis par les énergies fossiles (gaz, pétrole, charbon).
D'après agence
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