© sxc.huComme les années précédentes, la campagne de chasse à la baleine dans les mers australes a donné lieu à des heurts entre pêcheurs japonais et organisations écologistes. Cette fois-ci, le baleinier Kaiko Maru a heurté le Robert Hunter, navire de l'association écologiste Sea Shepherd, en faisant machine arrière pour tenter d'échapper à une autre embarcation de l'ONG.
Le baleinier a lancé un signal de détresse. "Ils disent qu'ils ont une hélice endommagée", a déclaré sur place le captaine Paul Watson, responsable de Sea Shepherd. "Les dégâts ne vont pas affecter la navigabilité du navire" touché, a-t-il précisé, se félicitant que les baleines aient pu s'échapper. A Tokyo, l'Agence japonaise des pêches a confirmé qu'un des six baleiniers de la flotte nippone avait lancé un signal de détresse, en raison de dommages à une hélice.
Le responsable de la division baleinière de l'agence, Hideki Moronuki, a exhorté l'Australie et la Nouvelle-Zélande, opposés à ce type de pêche, à contrôler l'organisation militante. "Ce n'est pas une organisation écologiste. C'est une organisation terroriste", a-t-il déclaré, affirmant qu'il ne s'agissait pas d'une collision accidentelle due à une manœuvre du bâtiment nippon mais d'un assaut lancé par les militants écologistes. "Ils ont tiré des fusées éclairantes et noué des amarres à notre navire dans le but d'endommager l'hélice, ce qu'ils ont réussi à faire", a-t-il assuré, ajoutant que le navire japonais n'était pas en train de chasser mais de mener des "recherches inoffensives" en vue d'évaluer le nombre des cétacés. Le responsable n'a pas été en mesure d'indiquer si le bateau allait pouvoir poursuivre sa mission.
Chasse "scientifique" contestée
Vendredi, le gouvernement japonais a accusé Sea Shepherd d'avoir blessé deux marins nippons après avoir lancé de l'acide contre leur baleinier. Les écologistes ont assuré qu'il s'agissait d'un liquide inoffensif et que personne n'avait été blessé. Paul Watson, souvent accusé de méthodes "radicales", a une nouvelle fois assuré de sa détermination. "La manière évidente de s'interposer est de placer un navire exactement sur leur poupe et de rester bloqué... Si nous devons perdre (notre) navire, autant le faire de manière à ce que ça serve à quelque chose", a-t-il déclaré.
L'incident de lundi intervient tandis que le Japon accueille mardi une conférence internationale où il souhaite "dépassionner" le débat sur le sujet. La réunion sera boycottée par au moins 26 pays opposés à la chasse aux cétacés. La flotte japonaise doit tuer 850 baleines de Minke et dix rorquals communs d'ici le mois de mars. Un moratoire international sur la chasse commerciale aux baleines est en vigueur depuis 1986 mais le Japon le contourne en invoquant une clause qui autorise des prises à des fins scientifiques. Cette chasse scientifique est dénoncée par les organisations écologistes, nombre de chercheurs et les pays hostiles à la chasse à la baleine (dont la France) au sein de la Commission baleinière internationale.
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