Jacques Chirac © LCIJacques Chirac a ouvert vendredi matin la Conférence de Paris pour une gouvernance écologique mondiale. Un événement de deux jours qui intervient alors que le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec), réuni depuis lundi dans la capitale française, a rendu public son rapport (lire l'encadré ci-dessous).
Des représentants de plus de 50 pays participent à la Conférence : ministres, experts, chefs d'entreprises, membres d'ONG... Objectif : établir les fondements d'une Organisation des Nations unies pour l'environnement (ONUE), voulue par le chef de l'Etat français. "La planète souffre, a expliqué le chef de l'Etat dans son discours d'ouverture. Nous sommes au seuil historique de l'irréversibilité écologique." Rappellant que "les civilisations sont mortelles", Jacques Chirac a affirmé que "le temps n'est plus aux demi-mesures" mais à une triple "révolution" des consciences, de l'économie et de l'action politique.
Trois révolutions
L'homme doit consacrer son intelligence à la protection de la planète, a insisté le président de la République, qui appelle à l'instauration d'un "rapport harmonieux" entre l'homme et la nature. Les droits de l'homme doivent s'ouvrir au "droit de bénéficier d'un environnement sain et préservé", qui est au coeur d'une "écologie humaniste". "Nous devons inventer une autre croissance", a également pointé Jacques Chirac. Défendant le principe d'une "nouvelle révolution industrielle, celle du développement durable", il a précisé que "les économies les plus innovantes et les plus respectueuses de l'environnement" seront les économies dominantes de demain.
"La crise écologique ignore les frontières", a souligné le chef de l'Etat. Pique à l'administration Bush : "L'unilatéralisme dans ce domaine aussi mène à une impasse". Il souhaite donc transformer le PNUE (Programme des Nations unies pour l'environnement) en une Organisation des Nations unies pour l'environnement (ONUE), qui "portera la conscience écologique mondiale". Avantage de cet organisme : il pourra évaluer les menaces de manière impartiale, prendre des décisions et les mettre en oeuvre.
Six ateliers
Les pays européens soutiennent "globalement (...) l'initiative et l'objectif de cette conférence", souligne Jacques Chirac dans une interview au Le Nouvel Observateur. "Les Etats-Unis y sont tout à fait hostiles pour ne pas avoir à remettre en cause leur liberté d'action" tandis que "les pays émergents" (Inde, Chine, Brésil) "commencent à se poser des questions". Experts américains et officiels chinois ont toutefois fait le voyage à Paris. La délégation française, forte d'une soixantaine de représentants, compte notamment le réalisateur Jean-Jacques Annaud, le photographe Yann Arthus-Bertrand, le paléontologue Yves Coppens ou l'astrophysicien Hubert Reeves ainsi que de grands patrons (Veolia, Suez, Lafarge..).
Au programme de ces deux journées, six ateliers consacrés au dérèglement climatique, à la biodiversité, à la pollution, à l'eau et à la croissance écologique. Le président de la République attend de cette réunion "un constat partagé", "des propositions d'actions prioritaires" et la constitution d'un groupe de pays pionniers en faveur de l'ONUE, pour convaincre les pays "qui hésitent encore".
Le Giec au rapport |
Le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec), réuni depuis lundi à Paris, a rendu public vendredi son rapport. D'ici à 2100, la température grimperait de 1,8 à 4°C par rapport à la période 1980-1999. L'homme est responsable de "l'essentiel de l'accroissement observé sur la température moyenne globale depuis le milieu du 20e siècle". Conséquences : intensification "vraisemblable" des cyclones, typhons et ouragans ainsi qu'élévation du niveau des mers.
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