600 tonnes de déchets toxiques déterrés d'un champ

Par D.H. (avec agence), le 16 mars 2007 à 15h23 , mis à jour le 16 mars 2007 à 15h48

Entreposés dans les années 50, les déchets suisses sont remontés à la surface la semaine dernière quand un agriculteur alsacien a labouré son champ.

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Plus de 600 tonnes de déchets toxiques de l'industrie chimique bâloise ont été découverts depuis le début de la semaine dans un champ de maïs près d'un village alsacien frontalier avec la Suisse, selon Greenpeace. Entreposés dans les années 1950, les déchets mélangés à des gravats sont remontés à la surface la semaine dernière à la suite du labourage d'un champ par un agriculteur d'Hagenthal-le-Bas, dans le Haut-Rhin, a rapporté l'organisation écologiste.

Le Groupement des industries chimiques bâloises chargé de la dépollution de décharges (IGDRB) a décidé d'assainir le champ qui côtoie sa décharge du Letten, en excavant les déchets et en les incinérant, a-t-il annoncé dans un communiqué. Engagés lundi, les travaux d'excavation ont mis au jour jusqu'ici "600 à 650 tonnes" de déchets solides sur 5 mètres de profondeur, a indiqué l'ingénieur le bureau d'études français mandaté par la Drire (Direction régionale de la Recherche, de l'Industrie et de l'environnement) pour effectuer des analyses. Il n'est pas encore possible d'estimer la quantité totale enfouie, car les travaux de creusement vont se poursuivre quelques jours, a-t-il ajouté.

"Sans protection ni masques à gaz"

Parmi ces déchets se trouvent des solvants comme le nitrobenzène ainsi que des produits de la synthèse de colorants, mais de nombreuses incertitudes pèsent sur la liste et l'importance des polluants, a indiqué l'ingénieur. Greenpeace a dénoncé "l'attitude dilettante et imprudente" de la chimie bâloise après à la découverte de ces déchets. "Elle a cru qu'un nettoyage superficiel et le recouvrement par de la terre saine suffiraient, elle a fait commencer les travaux sans protection ni masques à gaz pour les ouvriers. Et elle creuse de plus en plus profond", a indiqué le responsable chimie de Greenpeace, qui a réclamé un "projet d'assainissement global" du site.

Selon l'organisation, les déchets risquent de s'écouler dans les eaux souterraines et le nitrobenzène est toxique pour le sang et le système nerveux. Le site du Letten fait partie d'un ensemble de 12 décharges de la chimie suisse situées dans la zone des trois frontières, à cheval sur la Suisse, la France et l'Allemagne. Greenpeace est aussi à l'origine de la découverte de la grande décharge de Bonfol, à une quinzaine de kilomètres du Letten, où la chimie suisse a accumulé 115.000 tonnes de déchets toxiques dans les années 1960-1970 et dont l'assainissement est programmé d'ici 2012.

Par D.H. (avec agence) le 16 mars 2007 à 15:23
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