© AFP/ Pacsal PavaniMobilisation plutôt réussie : plusieurs milliers de manifestants -60.000 selon les organisateurs, 20.000 selon la police- ont réclamé samedi dans 5 villes de France l'abandon du projet de réacteur nucléaire de troisième génération (EPR) à Flamanville. "C'est une mobilisation historique, comparable aux manifestations anti-nucléaires des années 70", s'est félicité Stéphane Lhomme, porte-parole national du réseau Sortir du nucléaire.
Cette mobilisation à Rennes, Lyon, Toulouse, Lille et Strasbourg constitue un "avertissement" aux candidats à l'élection, a-t-il estimé. "Il y a un rejet massif de la population de tout projet de nouveau réacteur nucléaire", a-t-il affirmé. "Ceux (des candidats) qui ne se prononceront pas contre l'EPR perdront des centaines de milliers de voix". La plus grosse mobilisation a eu lieu à Rennes, avec 40.000 manifestants, selon les organisateurs, 10.000 selon la police. Le cortège a défilé dans une ambiance joyeuse avec musique et danses, aux cris de "Non, non, non à l'EPR, oui, oui, oui aux alternatives".
Des candidats dans les manifestations
"Pour nous l'EPR est inutile, car on est en surproduction (d'électricité), et il est dangereux", a déclaré le candidat de la LCR, Olivier Besancenot, présent dans le cortège. Egalement présente dans la manifestation, l'ancienne ministre de l'Environnement Corine Lepage, récemment ralliée à François Bayrou, a jugé l'EPR "inutile". "L'intérêt de l'EPR est purement commercial dans une optique de privatisation du secteur énergétique, qui veut faire de la France le fournisseur exclusif de l'Europe en nucléaire", a-t-elle affirmé.
L'ambiance festive a dominé dans les cinq manifestations auxquelles avaient notamment appelé les associations anti-nucléaires, les Verts et la LCR. Les mêmes mots d'ordre ont été repris par les manifestants souvent déguisés ou vêtus de tuniques jaunes: "pour des alternatives au nucléaire, stop au réacteur EPR", ou encore "ni civil, ni nucléaire, sortons, sortons du nucléaire". A Strasbourg, les manifestants ont observé un "die-in" de trois minutes sur une place du centre ville, intégralement recouverte de corps allongés "en hommage à Tchernobyl, Hiroshima et Nagasaki".
Le nucléaire représente 78% de la production d'électricité en France
Outre M. Besancenot, deux candidats à la présidentielle ont exprimé leur opposition à l'EPR : l'altermondialiste José Bové, et Dominique Voynet (Verts). Celle-ci s'est dite "révoltée par la mollesse et l'imprécision" des positions des candidats de gauche sur le projet d'EPR, samedi à Toulouse. Ségolène Royal (PS) et François Bayrou (UDF) ont souhaité une remise à plat de la réflexion. En revanche, Nicolas Sarkozy (UMP) a fait valoir que les seules énergies renouvelables ne sauraient remplacer le nucléaire.
En France, l'énergie nucléaire assure 78% de la production d'électricité contre 16% dans le monde et 32% en Europe. L'EPR est destiné à prendre le relais d'une partie des 58 réacteurs actuels, pour la plupart mis en service dans les années 1980. Pour ses concepteurs -un consortium franco-allemand Siemens/Framatome-ANP (Areva)- l'EPR permettra une meilleure utilisation du combustible, une démultiplication des systèmes de sûreté et une moindre production de déchets, ce que contestent les anti-nucléaires qui y voient une technologie déjà obsolète. Les partisans du nucléaire font aussi valoir son taux d'émission pratiquement nul de gaz à effet de serre (GES) à l'heure où l'UE s'engage dans la lutte contre changement climatique.
(D'après agence)
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