© sxc.huLCI.fr : A quelques jours du printemps, peut-on tirer un premier bilan de cet hiver ?
Dominique Raspard (1) : Nous avons connu l'hiver le plus doux depuis 1950, année pour laquelle nous disposons de relevés précis sur toute la France. Mais nous avons également des données depuis plus longtemps sur certaines zones et il s'agit de l'hiver le plus doux depuis au moins un siècle.
LCI.fr : Un hiver doux débouche-t-il sur un printemps doux ?
D. R. : Non, il n'y a aucune corrélation. L'automne dernier a été le plus chaud depuis 1950. Il a été suivi par un hiver doux sans qu'il y ait de cause à effet. Les prévisions saisonnières sur la période de mars à mai annoncent un printemps plus doux que la normale. Ce sera aussi vrai pour les Antilles, la Guyane et la Réunion.
LCI.fr : Avez-vous déjà estimé les températures moyennes ?
D. R. : Non, ces prévisions dégagent des tendances sur les trois mois à venir sans pouvoir les chiffrer. Nos calculs sont réalisés par des modèles de prévisions français mais aussi américain et britannique, qui s'appuient sur les températures des océans.
LCI.fr : Le phénomène El Niño, réapparu dans le Pacifique, a-t-il eu un impact ?
D. R. : Il y a en effet depuis cet hiver un épisode El Niño sur le Pacifique. Le phénomène n'a pas été particulièrement intense mais il a influencé la température des océans et eu des répercussions sur l'ensemble de la planète. D'ici le printemps prochain, le phénomène va toucher à sa fin.
LCI.fr : La France va connaître sa troisième saison douce d'affilée. Y a-t-il un lien avec le réchauffement climatique ?
D. R. : Il est toujours très difficile d'attribuer la douceur d'une saison au réchauffement climatique. Reste que la succession de saisons particulièrement douces, et pas seulement en France, est un signe du réchauffement climatique. Dans notre pays, les hivers doux pourraient devenir de plus en plus fréquents. Ce qui n'exclut pas un hiver froid une année ou des épisodes froids pendant un hiver doux.
LCI.fr : Comme c'est le cas depuis deux jours, où les températures se sont abaissées. Cette baisse va-t-elle se poursuivre ?
D. R. : On a connu des derniers jours printaniers. Et pourtant, le début de la semaine prochaine sera caractérisé par un refroidissement marqué et un temps de giboulées. Par endroits, on va perdre jusqu'à 10 degrés, comme à Paris où le thermomètre, après avoir affiché 15° récemment, tombera à 6-7°. Ce sera vrai sur tout le pays, y compris dans le Sud de la France. Ce refroidissement va s'atténuer en fin de semaine prochaine mais les températures resteront plus fraîches que ces derniers temps.
(1) Dominique Raspard est prévisionniste à Météo-France.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




