Les sports d'hiver menacent les animaux sauvages

Par Propos recueillis par Clément DANIEZ, le 07 mars 2007 à 17h45 , mis à jour le 12 mars 2007 à 10h38

Interview - Michaël Delorme, du Parc de la Vanoise, réagit aux conclusions de chercheurs qui pointent le danger des sports d'hiver pour les tétras lyres.

TF1-LCI © TF1-LCI

LCI.fr : Une étude suisso-autrichienne (voir encadré) constate une diminution des populations de tétra hydre dans les régions skiées. Ce petit coq de bruyère emblématique des Alpes peut-il disparaître ?

Michaël Delorme, chargé de mission faune-eau-forêt au parc de la Vanoise : Son cousin le grand tétra a, lui, déjà disparu des Alpes depuis cinq ans à cause de la déforestation et du tourisme. Le tétra lyre vit dans la "zone de combat" forestière, à l'altitude où la forêt commence à disparaître. C'est une espèce relique de la dernière glaciation qui subsiste dans les zones alpines. Avec le réchauffement, la "zone de combat" monte en altitude et pousse plus haut les tétras.

Grâce à des analyses de crottes et à des autopsies, on a pu constater, au parc de la Vanoise, que 80 % des oiseaux nichant en secteurs skiés sont parasités par un nématode, le capillaria candinslata, contre 20 % sur les secteurs non skiés. L'activité humaine fragilise donc physiologiquement les tétras. Les conclusions de cette étude ne m'étonnent pas.

LCI.fr : Les sports d'hiver ont-t-ils des conséquences sur les autres espèces ?

M. D. : L'impact de la présence de l'homme est quelque chose de bien connu. On a par exemple constaté que les ongulés (chamois et bouquetins) se déplacent souvent de 500 mètres lorsqu'ils sont importunés par des skieurs. En général, les espèces en montagne limitent au maximum leur dépense énergétique pour des questions de survie dans un environnement très difficile. Lorsqu'elles sont dérangées, leur comportement global s'en trouve modifié. Elles basculent dans un état permanent de vigilance, leur rythme cardiaque s'accélère, elles sont plus stressées et se nourrissent moins. Elles sont donc plus en danger.

LCI.fr : Les auteurs de l'étude envisagent la création de zones de tranquillité pour la faune sauvage alpine. En France, est-il possible de s'entendre sur ce sujet avec les stations ?

M. D. : Il pourrait y avoir des conventions avec les stations, mais rien ne peut se faire sans une volonté politique. C'est d'autant plus difficile que certains espaces agréables pour skier sont aussi des refuges pour les espèces. La multi-activité des sports d'hiver (raquettes, grand hors-piste, ski de randonnée) fait qu'il y a un peu plus de skieurs partout et que le dérangement est plus diffus dans l'espace. En dehors du parc national et des quelques réserves naturelles il n'y pas d'aménagements prévus.

Pour la préservation de la faune alpine

L'étude suisso-autrichienne  montrent que les tétras lyres en zones skiées sont plus stressés que les autres et que leur population est beaucoup moins dense. Publiée dans les annales de la Royal Society britannique, l'étude conclut que le dérangement que constituent les skieurs menace les populations de tétras lyres. Elle appelle à l'identification et la création de "zones de tranquillité" pour la faune alpine.


Par Propos recueillis par Clément DANIEZ le 07 mars 2007 à 17:45
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1 Commentaires

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  • Vastre, le 13/03/2007 à 17h47

    Il n'y a pas péril en la demeure : les sports d'hiver vont disparaître en moins d'un siècle. Donc la faune parviendra à s'adapter et à se sauver.

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