Le 26 avril 2007, 9 militants de Greenpeace occupent deux grues sur le chantier de l'EPR, à Flamanville. © GreenpeaceLes neuf militants de Greenpeace installés depuis jeudi matin dans deux grues du chantier EPR à Flamanville (Manche) ont passé leur première nuit à 30 m du sol. "Nous avons redémarré certaines activités [depuis 6h30, vendredi, NDLR] mais la présence des militants nous empêche de travailler dans leur environnement immédiat", a expliqué Philippe Leigné, directeur de l'aménagement de Flamanville 3.
"Par exemple, toujours pour des raisons de sécurité, nous ne procèderons pas aujourd'hui à des tirs de mine dans le granit", a-t-il dit. "On peut travailler à partir du moment où il n'y a pas de risques pour les gens qui sont sur les grues", a-t-il indiqué précisant que quelque 350 ouvriers participaient au chantier en ce moment.
"Les militants ont eu froid mais sont très déterminés", a déclaré par ailleurs une responsable de Greenpeace. "La plus grande des grues possède une cabine où les cinq militants ont pu se relayer par deux ou trois pour dormir un peu tandis que les quatre militants de la grue jaune n'avaient aucun moyen de s'abriter", a-t-elle expliqué. Six nationalités - française, britannique, allemande, belge, finlandaise et néerlandaise - sont représentées parmi les neuf militants, spécialistes de la varappe et aguerris à ce genre d'opération.
Ségolène Royal s'engage
"Nous attendons que les candidats à l'élection présidentielle s'engagent rapidement à abroger dès leur élection le décret du 11 avril 2007 autorisant la construction de ce nouveau réacteur", a déclaré jeudi Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire de Greenpeace. "Seule Ségolène Royal s'est engagée clairement sur ce point jeudi soir et l'action continue", a poursuivi la militante de l'association écologiste.
Ségolène Royal a estimé que cette décision de construction avait "été prise dans des conditions d'analyse et de débat tout à fait contestables" et le décret du 11 avril avait été "publié à la hâte". "On ne peut engager l'avenir énergétique de notre pays sans un débat approfondi, non seulement sur l'EPR mais sur l'ensemble du dossier", a précisé la candidate socialiste. Si elle est élue, elle engagera ce débat "au lendemain de la présidentielle pour mobiliser les citoyens et les acteurs économiques sur trois objectifs": réduction de la consommation d'énergie, développement "de manière volontariste" des filières d'énergies renouvelables et examen de "l'avenir de l'énergie nucléaire".
D'après agence
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